Pardon d’être redondant sur cette information triviale pour les lecteurs informés, mais voici un recensement à la Prévert non exhaustif de la situation actuelle :
Edouard de Rothschild est le propriétaire de Libération depuis 2005.
Serge Dassault (Fils de Serge Dassault) est le propriétaire de de la Socpresse (l’ex empire Hersant) depuis 2004. La socpresse détient le Figaro.
Martin Bouygues (fils de Françis Bouygues) possède TF1, LCI, Breizh, Odyssée, Histoire, Métro. Il est également actionnaire de 40% de la plate forme de blogs Over-Blog, via TF1.
Arnaud Lagardère (fils de jean-Luc Lagardère) possède via le groupe lagardère : Europe 1, Virgin Radio, Virgin 17, Hachette, MCM, RFM, CanalJ,Gulli. Arnaud lagardère est également actionnaire minoritaire du quotidien le Monde.
Vincent Bolloré (fils de Michel Bolloré) possède Direct8, Direct Soir, Matin plus, il siège de plus au conseil d'administration de Médiamétrie et reste propriétaire de l’institut CSA de sondage.
Bernard Arnaud possède depuis 2007 le quotidien économique Les échos, après avoir été propriétaire de la Tribune.
Ces six personnes, à elles seules, contrôlent actuellement une grande partie des médias qui comptent aujourd'hui en France, sachant que ces six personnalités ont également leurs entrées à l’Elysée personnellement ou professionnellement, le panorama que je viens de dresser en quelques lignes est assez limpide :
Les conflits d’intérêts économiques, éthiques, personnels et politiques tournent en boucle fermées autours de ces Hommes de pouvoirs. La manipulation de l’information, les conditions de travail inhumaines chez certaines filiales de ces groupes ne plaident pas en leurs faveurs. Cette situation a été dénoncée politiquement dès Avril 2007 par François Bayrou et Ségolène Royal. Dénoncer est une chose, réformer en est est une autre puisqu'il faut avant toute chose avoir la volonté. Force est de constater que non seulement cette volonté fait défaut mais que le pouvoir exécutif pousse pour une consolidation du secteur.
Les investissements dans les médias précédemment cités rapportent rarement de l'argent à leurs propriétaires. L’intérêt est ailleurs.
Le Conflit d’intérêt entre L’UMP, l’Elysée et les 6 patrons de presse précédemment cités est avéré
Le pouvoir et les médias fonctionnent donc de pair, les approximations et les contre-vérités diffusées dans ceux-ci font partie de notre quotidien. Je mets le doigt de temps en temps sur une de celle-ci, mais pour une pointée du doigt: combien atteignent leurs cibles ?
Dans cette phase de recomposition (dé-composition ?) économique de la presse écrite, les erreurs ne sont même plus mis en exergue, voire relevées, par les journalistes. La déontologie fait place à une recherche d’un boulot « à tout prix ». Dans ce salmigondis en décroissance perpétuelle, les aides gouvernementales viennent rajouter une couche de complexité de ces Business-models en perdition, et une couche d’intérêts bien compris par tous d'ailleurs.
Ainsi, une journaliste que j’avais mis en cause pour un papier incorrect a accepté le verdict de mon billet tout en me demandant (par mail) que son nom soit supprimé de mon billet…au cas ou un de ses futurs recruteurs Googleiseraient son nom…
Pour moi, les médias sont déjà suspects à priori de manipulation et de désinformation à chaque fois qu’une information politique, diplomatique et économique, nous est livrée. Nous digérons effectivement en permanence des informations de type Bonaparto-Libertariennes unipolaires. L’écart entre les informations que je consulte quotidiennement sur le Web et celles éditées (voire édictées) par cet organe de presse unifié que sont devenus les anciens médias est éloquent.
Nicolas Sarkozy vient, une fois de plus, de nous fournir la preuve de cette connivence de fait : dixit Le Figaro du 14 janvier qui a diffusé cette information : « Le président de la république veut faire de la pédagogie de son action ».L’Elysée a donc choisi comme date le 25 janvier. Le président s'entoure donc de jean-Pierre Pernault, le présentateur préféré des retraités pour évoquer sa seconde partie de mandat. Une tranche d'age dans laquelle le président vient de perdre une grande partie d'électeurs historiques récemment. Cela tombe bien car jean-Pierre Pernault n'est pas spécialement réputé pour être une foudre de guerre en tant que journaliste politique...surtout lorsque celui-ci est issu de l'UMP. Alors pour contre-balancer cette "communication d'état", le président s'entourera également de 10 Français (plus petits que lui?) souple de l'échine et d'une Laurence Ferrari, toujours en recherche d'audience pour justifier son poste.....
Manipulation n'est même pas le terme adéquat, collusion d'intérêts convergents semble plus approprié à une telle situation.
L'effet Vincent Peillon
Jeudi dernier, également allais-je dire, Vincent Peillon a joué du même type de manipulation à l'encontre du média france2 et de la journaliste Arlette Chabot. Une volée de bois vert continue de s'abattre sur cet érudit entré en politique, celui-ci a pourtant agit grossièrement avec les même méthodes que le consortium rôdé et huilé d'en face, il est venu s'expliquer sur son geste, alors qu'il aurait pu prétexter une douleur le clouant au lit, ou une foulure à la cheville pour obtenir le même résultat: un long tapis rouge déroulé à Eric Besson suivi d'une dispute entre lui et Marine le Pen .
La rédaction de France2 s'est soudain sentie humiliée, elle qui faisait peu de cas de l'humiliation de cette même Arlette Chabot par le président à New York. Question de jugement sans doute.
Tous les invectives pleuvent désormais sur Vincent Peillon, à grands renforts de valeurs éternelles retrouvées. Elles sont évidemment veines mais je ne peux m'empêcher de penser qu'avec cette cabale dont Vincent Peillon fait l'objet: on brûle bien plus que son image et ses idées: nous brûlons aujourd'hui la culture et la connaissance. Le député socialiste déclarait en septembre dernier : sarkozy est le symptôme de l'abaissement national: il vient d'en faire les frais.
Réflexions sur la presse Française
Pour prendre du recul, rien ne vaut l'avis d'un journaliste voisin, et lorsqu'il est Belge, on en reprend deux fois plutôt qu'une. Voici donc l'avis éclairé du journaliste free-lance Michel Collon sur la couverture médiatique réalisée par les médias Français sur le Vénézuéla qu'il connait bien:
Pour finir ce trop long billet, je ne pourrais que citer Michel Collon citant lui-même Albert Einstein:Le capital privé tend à se concentrer entre quelques mains, en partie à cause de la compétition entre capitalistes et en partie parce que le développement technologique et la division croissante du travail encouragent la formation d’unités de production plus grandes au détriment des plus petites. Le résultat de ces développements est une oligarchie de capital privé dont le pouvoir exorbitant ne peut effectivement pas être contrôlé même par une société dont le système politique est démocratique.
Cela est d’autant plus vrai que les membres des corps législatifs sont choisis par des partis politiques largement financés et influencés d’une manière ou d’une autre par des capitalistes privés qui, en pratique, éloignent les électeurs du corps législatif. En conséquence, les représentants du peuple ne protègent pas suffisamment, dans les faits, les intérêts des secteurs les moins privilégiés de la population.
En plus, dans les conditions existantes, des capitalistes privé contrôlent inévitablement, d’une manière directe ou indirecte, les principales sources d’information (presse, radio, éducation). Il est alors extrêmement difficile et même, dans la plupart des cas, tout à fait impossible pour le citoyen individuel de parvenir à des conclusions objectives et de faire un usage intelligent de ses droits politiques.


Commentaires
Oui comme Vincent Peillon je n'ai pas de mots assez dur pour dénoncer la sarkozie. Mais entre moi, simple citoyen, et lui responsable politique qui nous dit que la sarkozie est un abaissement il;existe une différence de moyens. Lui il avait le moyen de frapper un grand coup. Un grand coup avec classe et panache. Un grand coup montrant toute la valeur de l'homme politique et toute l'honneur de la gauche. Or au lieu de cela ce monsieur a menti puis manipulé les médias pour se construire un buzz.
Asse42J'aurais aimé, moi, qu'il vienne sur le plateau en direct. Face aux français, face à Besson , Le Pen et face à Chabot et déballe tout ce qu'il avait à dire sur cette pitoyable propagande sarkozyste. Cela aurait eu de la grandeur et de l'impact. Or finalement ce qui prédomine aujourd'hui c'est qu'il est allé trop loin , que c'est une aventure individualiste pour se faire mousser et qu'il emploie les mêmes méthodes que la sarkozie. Pas brillant. Depuis Dijon il tombe de Charybde en scylla...
Christophe, je suis totalement d'accord avec toi !
eric citoyenPlusieurs remarques par rapport au héros du jour :
- Il a appelé à la démission d'une journaliste (comme un vulgaire Sarkozy)
- je ne l'ai pas entendu trop dénoncer sur Canal + la proximité de son hote avec Sarkozy...
C'est plus facile de tirer sur une ambulance (Chabot)
- Il n'est pas le premier à s'émouvoir de tout cela. Bayrou, Royal, Mélanchon et d'autres ne l'ont pas attendu pour s'en prendre à Elkabach, à Chazal, à Chabot. Ils sont allé au front combattre, lui il combat par l'esbrouffe.
Au final qu'avons nous retenu de cette action ? rien ! tout le débat consiste à savoir s'il a bien joué.
Il nous parlait d'abord du débat sur l'identité nationale (pof sorti du cadre, le problème de son indignité est tellement évident qu'il n'interesse personne) ensuite c'est devenu un débat sur les journalistes et là pour le défendre vous oubliez qu'il a appelé l'une d'entre eux à la démission. Comme si c'était son affaire. Qu'il disent qu'elle fait mal son boulot, qu'il l'affronte, je veux bien et je serai avec lui mais qu'il menace, qu'il brandisse sa leçon, et c'est un dérapage. Pour un philosophe c'est une faute grave.
AlainJe ne l'accepte pas quand il vient de l'UMP je ne vois pas pourquoi je devrais fermer les yeux quand il vient du PS.
Ce qui est intéressant, c'est aussi de constater l'unité idéologique et politique de l'élite.
Les élites médiatiques, les élites économiques, les élites financières, les élites politiques pensent la même chose parce qu'elles dépendent les unes des autres.
Les élites médiatiques dépendent des élites politiques parce que les élites politiques au pouvoir décident du montant des subventions aux médias. Exemple : les subventions d'Etat à la presse papier augmentent de 48 % en 2010 !
http://sarkofrance.blogspot.com/200...
Les élites médiatiques dépendent des élites économiques car elles reçoivent des milliards d'euros en publicités.
Tout ce petit monde se tient par la barbichette.
BALa citation concernant la presse papier a sauté. Je la recopie à nouveau :
” La presse française sera contente : la dotation de soutien à la presse française est portée de 283 millions à 419 millions d’euros, soit une augmentation de + 48 %. ”
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Social comments and analytics for this post (uberVU - social comments)42 assassinats, 120 disparitions, 4 000 détentions arbitraires.
FérociasIran?
Non.
Honduras.
Ces chiffres datent de la mi-décembre 2009.
Il est frappant de constater que les réactions contre le coup d'état au Honduras sont faibles.
Deux poids deux mesures?
Je n'ose imaginer que cela soit la conséquence de la volonté des Etats-Unis de préserver un pré-carré au prix, s'il le faut, de la démocratie.
L'exemple vénézuélien est d'ailleurs intéressant en terme médiatique. Chavez a parfois été présenté de manière positive (en cas de besoin). C'est tout le problème du prisme médiatique.
Bien d'accord avec toi, sauf que Peillon lui était invité... Je fais remarquer que pas un seul représentant de l'autre gauche n'a été invité chez Chabot depuis plus d'un an... Comment tu fais quand l'accès aux médias t'est interdit pour faire connaitre tes idées auprès des personnes qui ne s'informent qu'en regardant la télé ?
C'est un réel problème démocratique...
Je pense même que les médias dont tu parles organises un faux pluralisme entre néo-libéraux et socio-libéraux, autrement dit entre les partisans du traité de Lisbonne... Des confrontations à la marge, pour ne pas dire bidon, puisqu'ils sont quasiment d'accord sur l'essentiel...
Pour conclure, je te conseille le dernier numéro, tout juste sorti d'ailleurs, du Sarkophage : il y est notamment question des différentes tendances de l'écologie.
des pas perdus@des pas perdus : et tu as bien raison à ce sujet
Christophe