Pôle-emploi culpabilise les chômeurs et c'est un doux euphémisme que de dire cela. Pôle-emploi dissimule beaucoup de chômeurs depuis maintenant un an grâce a deux techniques bien rodées. Pôle-emploi coûte de l'argent aux chômeurs depuis l'affaire du 3949 censé responsabiliser ceux-ci.
Et Pôle-emploi depuis ce Week-end peut provoquer des tentatives de suicides à cause de ses techniques peu orthodoxes. C'est Actuchomage qui révèle l'affaire. Sandrine D. a laissé ce mail bouleversant sur le back-office de Pôle-emploi. Je vous laisse le lire.
LETTRE OUVERTE AVANT DE QUITTER CE MONDE VOLONTAIREMENT
LE STRESS
AU TRAVAIL sujet devenu à la mode pour tous nos politiciens qui veulent
obtenir notre vote.
Mais ils ne devraient pas oublier le STRESS DU
CHOMEUR car il y aura bien plus de dégats humains dans ce secteur.
Avant
d’en finir avec cette vie je tiens à dire que le Pôle emploi est une
entreprise à broyer les humains.
J’ai perdu mon emploi en 2005 parce
que je me faisais opérer de la 2ème maladie neurologique à savoir
l’épilepsie, mon préavis je l’ai passé sur le billard de l’hosto.
Je
croyais que c’était ce qui m’arrivait de pire, mais non. Ce n’est ni la
maladie, ni la perte de cet emploi qui aura détruit mon envie de vivre
mais plutôt le pole emploi. Car même mon ancien employeur a été condamné
par les prud'homes pour licenciement abusif au regard du code du
travail. Mais au regard du même code le pôle emploi est autorisé à
radier les personnes qui se retrouvent hospitalisées.
Je suis
retourné en opération ce mois de février, j’ai été radié du pôle emploi
(1er broyage, comme si çà me plaisait de me faire charcuter le crane,
puisqu’une conseillère m’a dit que je partais à l’hosto pour ne pas
avoir à chercher de travail). En mars après l'hopital: arrêt maladie
pendant lequel j'apprend par mail et non par courrier postal que je suis
radiée.La CPAM m’a donné une somme d’indemnité journalière supérieure à
l’allocation que me donnait le pôle emploi, chaque administration
calcule comme elle a envie les sommes qu’elle donne !!!!!!!est-ce
normal!!!!!
Enfin là, le pôle emploi m’achève (2ème broyage) car
suite à ma réinscription à la sortie de l’arrêt maladie , hier cette
administration m’envoie un mail, toujours pas de courrier postal, pour
me dire que je n’ai plus le droit à une allocation et un mail pour me
dire qu’ils se sont aperçu qu’ils m’avaient donné trop d’argent en
Septembre 2009 (cumul avec un CDD) ; un peu tard pour s’apercevoir de
leur erreur mais ils sont heureux de m’annoncer en même temps que
premièrement je n’ais plus de droit à une allocation après ma
réinscription et que deuxièmement je leur doit 119 euros de trop perçu.
La
maladie aura toujours été plus douce que cette société malgré trois
opération du crane.
Autant mourir. De toute façon je n’ai rien à
faire sur cette planète.
Merci à tous ces politiciens qui se disent
si prochent de nous, oui ils le sont mais surtout pour nous achever.
Je
souhaite bon courage à tous les chomeurs de France et surtout à tous
ceux qui cumulent le chomage et la maladie. Attention un employeur
lambda ne peut vous licencier parce que vous êtes malade alors que pole
emploi le peut par une radiation express, alors qu'il dépendent du même
code du travail.
Je n'ai plus la force de me battre contre cette
machine à broyer de l'humain,et tout çà par mail ou SMS mais même plus
par courrier postal, je met à jour mes papiers, mes dernières volontés
et je m'en vais de ce monde.
Un administrateur de Pôle-emploi a réussi à contacter Sandrine D. et alerter sa famille.
Avec la rhétorique actuelle le gouvernement pourrait prévoir de durcir la loi pour ceux qui "simulent" des tentatives de suicides. Mais même avec de l'ironie mal placée comme je viens de le faire: je ne m'en sors pas, la colère reprend immédiatement le dessus. Sous cette présidence autiste (pardon pour les autistes), l'écoute est impossible, je ne vois donc guère de solutions que de dénoncer inlassablement cet état de fait. Je publie donc mensuellement les chiffres de cette "cavalerie" industrielle réalisée sur une population forcément fragilisée. Mon dernier billet date du 25 mars dernier, les données du chômage au titre du mois de mars seront livrées mardi, et mon billet sera au rendez-vous.
Courage Sandrine !

Commentaires
Émouvant et scandaleux, les adjectifs sont faibles. Le chômage coûte cher humainement, socialement et économiquement. Il faudra mettre ça dans la balance quand des économistes évoquent les nécessaires ajustements dans certains secteurs d'activité...
Un chômage qui dure, c'est socialement une personne qui n'a plus sa place dans cette société. Progressivement la victime devient un être louche, un assisté, un coupable...
Mais au-delà de ça, de ces détresses individuelles et de la pauvreté engendrée, il faudrait se poser la question des valeurs promues par cette société. C'est le travail qui socialise et qui donne sa place à l'individu dans la société avec en toile de fond la notion d'utilité sociale...
Aussi, certains utopistes estiment que le travail ne devrait plus avoir une telle place... Qu'il faudrait aussi revoir cette notion d'utilité. Créé-t-on vraiment de la richesse, est-on vraiment utile à la société et aux autres quand on gaspille les ressources naturelles et qu'on pollue l'environnement ? Certains proposent de distribuer un revenu minimum perçu par tous, assurant un niveau de vie décent. Le travail ne deviendrait plus essentiel pour vivre...
des pas perdusRevotez Sarkozy en 2012 et vous n'aurez plus ni chômeurs ni suicides. Il n'y aura plus personnes concernés par ce problème, ils seront tous morts. Et il vous proclamera solanellement "Je vous avais promis que le chômage baisserait et qu'il y aurait du travail pour tout le monde".
Michel P.Je ne vais pas me faire des amis en disant ça ici mais tant pis : ce sont encore des innocents qui paient pour tous ceux qui abusent du système. Et il y en a beaucoup. Le problème chez les gens honnêtes, c'est qu'ils sont plus faciles à broyer que les profiteurs et ceux qui pillent le système solidaire qu'a inventé la société. C'est dramatique. Maintenant il faut faire un choix : continuer à autoriser les abus de tout le monde juste pour épargner les plus faibles ?
Simon@Simon :
Michel P.@Michel P : dans mon texte la personne qui se suicide est le sujet "des innocents" ... et non les autres.
SimonL'hypocrisie est aussi un trait majeur de l'être humain...
Chiffres à l'appui, même si tous les "bénéficiaires" d'aides trichaient et abusaient, les montants sont une goutte d'eau par rapport aux tricheries avérées de ceux qui abusent du système aux plus hauts niveaux... je parle de certains banquiers, politiciens et fonctionnaires...
Montrer du doigt les plus délaissés par ce même système est évidemment le plus facile.
Et il ne faut pas oublier non plus que toutes ces aides, qui sont des minimas, ne sont pas exclues de TVA par exemple et de taxes : l'Etat récupère donc indirectement une bonne partie de ses "aides"... !
En France, on marche sur la tête... : dès que les gens atteignent la 40aine, les grandes entreprises se penchent sur leurs cas, carrière, intérêt d'évolution, calculs sur indemnités et retraites futures... quand ils arrivent à la 50aine, pour la majorité des cas lambdas, il n'y a plus augmentation du salaire fixe, mais attribution de primes d'objectifs non intégrables dans le salaire, et la tendance est plutôt a tenter de les faire partir avant la retraite, pour limiter la masse salariale et embaucher un jeune CDD...
Trouver un emploi dès qu'une personne atteint 45 ans devient un parcours de combattant, la "concurrence" du nombre de jeunes dans le même cas étant énorme. De plus, la démographie galopante est une donnée non prise en compte apparemment ! Il est évident qu'il n'y a pas assez de travail pour tout le monde : la société est défaillante à ce niveau. Avec tous ces milliards de gens sur la planète, il y a obligatoirement des gens qui ne peuvent travailler de leur vie. Je parle de vrai travail, d'une chose qui rend service aussi bien à la société qu'à l'individu : c'est bien le seul but que devrait être le travail (et non pas gagner un argent de plus en plus virtuel qui ne fait que faire fonctionner des rouages économiques...pas toujours bien huilés !).
Il faudrait aussi parler de l'hypocrisie générale, qui font que le chômage est nécessaire à l'économie libérale, particulièrement dans les pays "riches" qui luttent contre les taux horaires asiatiques par exemple...
Ah, et les chiffres faussés par l'Etat au niveau du chômage sont accablants aussi... Parler d'une "stabilisation", voir d'une légère baisse en mars, quand on voit qu'en réalité c'est + 35000 personnes minimum, c'est bien tromper son monde...
LOlopsw@LOlopsw : pas mieux
ChristopheIl y a des explications juridiques à ce type de situation mais bien que je connaisse les causes légales de ce cheminement de radiation (qui sont d'ailleurs juridiquement une cessation d'inscription et non une radiation), je ne souhaite pas prendre le parti de Pôle Emploi.
J'y travaille depuis 10 ans, j'ai jusqu'à peu toujours défendu cette grande maison pensant réellement qu'elle avait un but humaniste.
Je suis écouerée par de telles pratiques (depuis quand s'adresse t on aux personnes par mail ou sms pour les informer d'évenements si importants pour eux).
Nous sommes encore nombreux au coeur du système à résister en bravant les directives pour exercer humainement et respectueusement notre travail.
Je n'ai pas honte de mon travail mais honte de mon entreprise.
J'espère que nos valeurs résisteront à la machine à broyer.
Chômeurs, Employeurs, Médecins (refus de faire des arrêts maladie aux chômeurs), Conseillers, continuez à tenir la dragée haute et ne cédons pas aux injonctions de Pôle Emploi, des Banques, de la CPAM, du Gouvernement.
Dire non n'est pas simple mais pas si risqué que celà au final.
PS: Je sais aujourd'hui que malgrè l'obtention de très bons résultats de retour durable à l'emploi je n'évoluerai pas dans l'entreprise. Ma hierarchie ne comprend pas mon refus de gradation. Ma liberté d'agir vaut davantage que des euros. Vivre modestement n'est pas toujours une contrainte, c'est aussi parfois le prix à payer pour être en accord avec soi.
PS: A toutes les "Sandrine", courage...
Honteusement.
Karinne
Karinne