Vendredi et samedi, François Bayrou et Ségolène Royal sont revenus sur les propos qu'il a tenus dans un entretien avec Michel Onfray paru dans le dernier numéro de Philosophie Magazine. Dans cette discussion, le candidat de l'UMP assure "incliner (...) à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions pas gérer cette pathologie". "Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable", poursuit par ailleurs M. Sarkozy.

CRITIQUES DE L'ARCHEVÊQUE DE PARIS

"Si moi je m'étais permise de dire des énormités pareilles, je pense que cela aurait émergé dans le débat public"
, a jugé vendredi la candidate socialiste. "Je crois qu'il faut que les scientifiques se prononcent sur ce genre de choses", a-t-elle ajouté.

En campagne en Corse, le candidat de l'UDF a vivement critiqué, vendredi, les "propos terriblement inquiétants" et "glaçants" de M. Sarkozy et est revenu à la charge, samedi soir, évoquant sur France 3 "une certaine vision de l'homme et de la vie". "Quand Nicolas Sarkozy en vient à dire qu'un bébé peut natre en ayant en lui une condamnation à la perversité (...) dans quelle société vit-on ?", s'est-il interrogé. "Ceci est quelque chose que nous, la France, l'Europe, que l'humanisme ne peuvent pas accepter", a-t-il ajouté.

Au micro de RTL, Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris, s'est élevé contre toute tentation d'eugénisme. "Surtout, ce que me paraît plus grave, c'est l'idée qu'on ne peut pas changer le cours du destin. C'est vrai quand on prend la perspective génétique, mais c'est aussi vrai quand on prend la perspective sociologique", a-t-il dit. "Parce que dire que quelqu'un est pré-déterminé par la famille qui l'a entouré, par les conditions dans lesquelles il a vécu, ça veut dire que l'homme est conditionné absolument", a ajouté le prélat.