Mais au fait, qu'est ce que c'est une fraude pyramidale ?

Le principe est relativement simple: une personne avec un certain charisme et une force de conviction bétonnée parvient à promettre des rendements mirifiques à des épargnants de préférence fortunés. Lors de la collecte de fond perpétuelle, les fonds fraîchement arrivés servent à servir le rendement des fonds déjà récoltés. Les « anciens  épargnants » voient donc bel et bien leurs placements rémunérés au taux qui leur avait été « vendu » à la signature du contrat. Cette fraude fonctionne très bien tant que des fonds «frais »  rentrent en permanence, mais connaît rapidement des problèmes lorsque ceux-ci se font rares. Ils suffit que de gros épargnants souhaitent sortir du dispositif et la supercherie est démasquée.

La fraude qui a ainsi été découverte en Colombie était assez artisanale au regard des montants en jeu dans l’affaire Madoff, en effet la fraude Madoff porterait sur 50 milliards de dollars !!! et se serait déroulée durant plus de 20 ans.

Ce qui m’étonne, ce n’est pas tellement le montant en jeu, car la force de persuasion du personnage devait être à la hauteur des montants dont on parle. Ce qui me pose davantage  problème, c’est que Madoff était une figure incontournable de l’establishment financier Américain. L'homme possède un CV plus long que tous les PDG du CAC 40 réunis. Celui-ci mettait sans doute en avant son CV et sa carte de visite, avec son atout maître : avoir été un ancien patron du Nasdaq, pour recruter de nouveaux gogos. Il se ventait également de connaître des personnes à la SEC (le gendarme de la bourse Etatsunien). Il a d’ailleurs échappé à plusieurs enquêtes de celle-ci.

Aussi risible que cela puisse paraître, il y'a tout de même eu deux épargnants qui se sont suicidés ( un Allemand et un Français).

Nous tenons donc là un Homme que l'on peut qualifier, sans ambiguïtés possibles, comme  une pointure incontournable des rouages financiers Etatsuniens sur deux décennies. Il est, et a été, l’incarnation en chair et en os de l’idéologie capitaliste aux USA.

Les Etats-Unis depuis les attentats de 2001 ont mis en place nombres de lois liberticides, mais ont également durci leurs législations sur les mouvements de capitaux. A  tel point que depuis environ deux ans, il souhaitaient relâcher les contrôles sur le flux des capitaux. Peine perdue, notre gourou est passé entre toutes les transformations du capitalisme durant plus de vingt ans, cela force le respect pour l'intelligence de l'Homme. Alan Greenspan, l'ex patron de la FED adulé pendant de nombreuses années a perdu de sa superbe. Il se prétend lui-même en grand désarroi. Cela n'est guère étonnant, c'est lui qui a laissé les vannes du crédit se déverser sur la société Américaine pensant découvrir un au-delà financier sans limite. En fait cette croissance n'était soutenue que par des liquidités qui venaient du monde entier.

Je vois d'ici la contre-argumentation libérale qui pourrait être faite au sujet de cette affaire: mais allons, Madoff n'est qu'un maillon qui a pêché et qui doit être remplacé par de nouveaux Hommes intègres. Ceci ne serait qu'une banale affaire qui va narguer quelques jurés au tribunal durant quelques semaines.

Ce qu'il y'a d'étonnant, c'est que au même moment un scandale comptable sans précédent vient de toucher l'Inde. Nous aurions donc, encore une fois, en face de nous un Truand en costard-cravate comme il en existe des milliers.

Toutes ces affaires ne sont que des accumulations de faits qui mettent en évidence l'incroyable concentration financière, par certains, qui a eu lieu un peu partout dans le monde depuis une quinzaine d'années. Cette concentration d'argent par les moyens existants légaux ou illégaux est bien la finalité du capitalisme actuel, tout le reste n'est que variable d'ajustement autour de cette règle pratiquement intangible. La concentration de la puissance financière est également indissociable des pouvoirs politiques et législatifs actuellement, comme nous le voyons aujourd'hui en France avec un Nicolas sarkozy dont la proximité avec les riches familles de notre pays s'étale dans les journaux chaque Week-end.  la musique libérale (au sens Français) s'impose dès lors un peu partout dans le monde, sous prétexte de réformes en France, ou sous des arguments divers et variés ailleurs. Et ça marche, notre soumission à ce système là semble insondable, que ce soit dans les urnes ici ou dans la misère là-bas.

Madoff a donc donné un bel upercut au capitalisme, mais celui-ci ne jettera pas l'éponge car il y'a  trop de sponsors à son chevet ces temps-ci. IL a pris un certain embonpoint ces temps-ci, la cure de jouvence en Chine doit tourner au vinaigre.