Les révélations de Médiapart, de l’insupportable conflit d’intérêt, entourant Eric Woerth depuis une semaine a fait un flop dans les médias traditionnels ce Week-end. Et pourtant notre ministre d’état est, ou a été, juge, partie, ministre du budget, trésorier de l’UMP, trésorier de la campagne du président et mari…de sa femme. Il aurait en effet, d’après les bandes-son diffusées aujourd’hui, fait nommer celle-ci à la tête d’une société gérant une partie des avoirs de Liliane Bettencourt, la femme Française possédant la plus grosse fortune européenne, en…Suisse.
J’ai demandé mercredi dernier sa démission, les révélations de Mediapart étayées par des preuves accablantes étaient en effet trop lourdes pour qu’il en soit autrement. Et pourtant, à ce jour aucun juge n’a été nommé et cette affaire n’existe pas encore médiatiquement, ce qui l’enterre de fait.
On pourrait se demander raisonnablement, tant ce scandale est intenable du point de vue moral, si l’affaire des bleus de ce week-end n’a pas été sortie à dessein, afin de couvrir cette affaire d’état. Et ce dans le but de gagner un peu de temps, afin de déterminer la marche à suivre. Il serait d’ailleurs intéressant de connaître la gorge profonde des journalistes de l’Equipe, puisque c’est suite à sa une tapageuse de samedi matin que l’affaire a débuté.
Je ne crois cependant pas à cette piste, je pense au contraire que l’Elysée surestime sa capacité à noyer le poisson, et de fait considère que sa communication, grossière et inefficace, suffit. Avec le raisonnement suivant : on en a déjà fait des biens pires, ça va passer. C’est l’erreur que ce gouvernement vient de commettre, en effet à trop attendre la démission de son ministre, c’est la réforme des retraites qui va s’en trouver indirectement affectée. L’autisme de ce gouvernement est légendaire, puisqu’en pleine tourmente, celui-ci se permet de donner un message en direction des marchés comme quoi les salaires des fonctionnaires seraient prochainement gelés. Et dans la série, plus c’est gros, plus ça passe, il ne manque plus qu’à annoncer la fin des congés-payés pour des raisons d’équité avec les salariés japonais d’ici à la fin août, et la fin de la sécurité sociale pour être enfin un pays low-cost avant la fin de l’année.
La gravité des faits reprochés à ce ministre d’état auraient fait sauter n’importe quel ministre sous les précédentes présidences, désormais nous avons droit une fois de plus à un déni des faits. Le fiasco actuel d’un mélange des genres assumé entre missions d’intérêts général et turpitudes financières, sous le regard amouraché de l’Elysée, ne me fait pas rire. Ce scandale laisse augurer à quelques révélations à venir toutes aussi fracassantes, mais pour cela encore faut-il enquêter !
Plusieurs personnalités politiques, dans les rangs de l’opposition, ont déjà demandé la démission d’Eric Woerth, et ceux-ci n’ont reçu à ce jour en retour que du mépris de la part de Matignon et de l’Elysée. Nous sommes le lundi 21 juin, et nous avons un ministre dont les différentes casquettes ressemblent maintenant à un sombrero mexicain affairiste. Et celui-ci nous parle de justice sociale et de pénibilité pour faire passer le recul de l’age légal de départ à la retraite – je rêve, permettez-moi une familiarité : pincez-moi !
La communication présidentielles est devenue depuis 2007 le placenta d’une société en gestation écoeurante, le coeur d'une société déshumanisée, et celle-ci est décidément bien éloignée de nos souhaits... les plus modestes soient-ils.
Du journalisme comme on l’aime : Mediapart
Une évidence se profile cependant, le journalisme d’investigation a prit place sur la toile, c’est même son creuset et son berceau. Que l’on parle d’Arrêt sur image, Bakchich ou Mediapart, ceux-ci nous apportent la preuve éclatante qu’avec très peu de moyens….lorsque l’on cherche : on peut trouver. Nous constatons aujourd'hui que les rédactions des médias traditionnels ne font que relayer les informations de Mediapart sur le WoerthGate, comme sur le KarachiGate d’ailleurs. Ces petites structures ont l’avantage de leurs inconvénients : leurs manques de capitaux.
Je me suis donc abonné à Mediapart la semaine dernière. Si vous ne connaissez pas ces sites de presse allez donc les visiter et Abonnez-vous ! ceux-ci crèvent d’envie de continuer à nous informer honnêtement.
Mais dans quel pays vit-on ! Zola, Hugo hé hoo, où êtes-vous donc passés ? revenez-nous, vous vous régaleriez en ce moment.


Commentaires
@Christophe,
Michel P.Je suis abonné depuis 2008 et je pense que j'y ai appris
beaucoup de choses sur les scandales de la "Sarkozie".