Cette proposition a été réalisé par courrier, avec une clause particulière indiquant que sans réponse de la part de l'employé sous un mois l'accord de celui-ci était acquis. Etranges méthodes non ? en effet simultanément la suppression de 4000 postes dans le groupe est en cours.
L'intimidation est évidente: si vous n'acceptez pas cette baisse de salaire, vous pouvez perdre votre job. La CGT a confirmé que 67 % des cadres ont accepté cette proposition.
Hortefeux ou le paternalisme à la Française international
Avec une rhétorique vermoulue de bon aloi, Brice Hortefeux a eu ces quelques délicieuses phrases ce week-end au sujet du cas hertz:
"Si cela peut permettre de préserver l'avenir de l'entreprise, ça ne me choque pas"
"En période de crise, l'effort doit être partagé (...) On ne peut négliger aucune piste" et "certains estiment que cela peut créer ou préserver 5 à 10.000 emplois",
"c'est une négociation qui doit avoir lieu entre l'employeur et le salarié"
"Je suis sûr qu'il n'y pas un salarié, qu'il soit cadre ou pas cadre, qui considère que l'on doit conduire l'entreprise à la faillite sans rien faire"
tant de contre-vérités en si peu de mots, le cas Hortefeux me sidère à chacune de ses sorties.
Reprenons donc point à point l'argumentaire du ministre du travail:
Pour quelles raisons vouloir impérativement sauver des entreprises ? En effet d'un point de vue macro-économique, la demande est plus basse à cause de la dépression économique, les entreprises adaptent donc leurs effectifs...et certaines disparaissent pour laisser leur clients à d'autre entreprises. Le volume d'emploi est sensiblement égal avant et après. Alors pourquoi invoquer des affects qui n'ont pas lieu d'être ?
L'effort doit être partagé. Si l'on en juge par toutes les décisions prises depuis quelques mois, les salariés sont déjà mis à contribution au travers des décisions politiques de l'état Français. Comme nous l'avons vu les dividendes sont versés en temps et en heures, les stocks-options sont toujours d'actualité. Le possédant ne lâche pas grand chose alors que le salarié devrait être doublement mis à contribution...belle ritournelle.
La négociation entre l'employeur et le salarié, c'est le rêve d'un patronat depuis toujours. Court-circuiter les syndicats pour enfin manager les salariés sur tous les plans (y compris le salaire) sur la base d'une relation dominant-dominé employeur-salarié.
Aucuns salarié ne souhaite conduire une entreprise à la faillite...pourquoi invoquer la faillite (qui d'un point de vue macro-économique est insignifiant) pour justifier de telles pratiques salariales. Enfin, je suis contre ces méthodes, y compris si mon entreprise était acculée à la faillite, elle rémunère mes compétences d'une façon contractuelle à sa juste valeur. Et si elle coule, j'irais déployer mes compétences ailleurs. Il existe donc bien un salarié en France qui n'est pas d'accord avec de telles pratiques même dans un cas extrême: moi.
Ces propos d'un ministre en exercice sont tout simplement révoltants
En effet lorsque la situation économique est florissante, et lorsque les salariés invoquent à juste titre un partage des richesses, on leur répond: votre travail est déjà rémunéré à hauteur de votre contrat, et celui-ci est contractuel. La belle musique est bien connue des libéraux. Et lorsque la situation est tendue, nous vous mettons sous pression pour abandonner ce qui est pourtant contractuel!
Indécente innocence de la puissance !
D'un point de vue économique, si le cas Hertz venait à faire jurisprudence, la part de la masse salariale dans les produits serait en baisse constante et viendrait alimenter encore davantage la dépression en cours par un manque de consommation.
Ces paroles en l'air d'un ministre visiblement en limite de compétences sonnent à mon oreille comme une injure faite aux salariés (cadre ou non-cadre).
D'un point de vue politique
Si les suppressions de postes des ouvriers sont la conséquence classique d'une baisse de la demande. Nous avons constaté ces derniers-mois le laisser-faire de ce gouvernement pour le plus démunis. c'est donc pour lui un ajustement naturel entre l'offre et la demande. Pourquoi irait-il au juste défendre le coeur de l'électorat de gauche contre les effets de la pauvreté ?
-Par contre Hortefeux avec ce propos, touche les cadres, une frange de la population qui soutient sarkozy. Et que leur dit il: la même chose qu'aux ouvriers, vous allez en baver!
C'est donc à un mauvais calcul politique que vient de se livrer le ministre, à trop vouloir infliger le mal à tout un chacun - il vient de tirer une balle contre son camp.


Commentaires
ça commence par les ouvriers, les employés et ça se poursuit avec les cadres (Wikipedia seulement 52 % ont voté pour Sarkozy)...
Franchement quand tu vois les agissements et les déclarations du patronat et du gouvernement, cette "crise", avec son chômage de masse et la peur qu'elle suscite, est a priori une période bénie pour un entrepreneur dans la gestion des ressources humaines...
pas perdus@pas perdus : surtout lorsque la crise n'en est qu'à ses prémices.
ChristopheJe rappelle qu'on n'est pas en crise mais seulement en "croissance négative".!!! Alors lorsqu'on sera en "pleine crise" c'est les Cadres qui payeront leurs patrons pour avoir le droit de travailler.C'est très simple à démontrer mon cher WATSON.!!
Michel P.