Des sondages réalisés par presse interposée pouvaient même éclairer les prescripteurs sur la popularité de celle-ci. Désormais on préfère payer au prix fort ces sondages.
La méthode était simple : il suffisait de réaliser des fuites savamment orchestrées afin d’observer les réactions à celles-ci en simple spectateur, quitte à orienter ou ré-orienter le débat à une ou plusieurs reprises. Les politiques disposaient d’une arme de choix : celle d’avancer les pions qu’ils souhaitaient lorsqu’ils le souhaitaient. La réaction de l’opinion était une information importante et capitale quant à l’avenir de cette proposition de loi. L’usage Chiraquien tenait ainsi l’avis de l’opinion publique, ainsi que le résultat des sondages, à propos d’une proposition de loi comme une valeur essentielle pour la bonne réalisation de celle-ci au moment adéquat.
La présidence Sarkozy a changé ces usages
La notion même de perception de l’opinion vis-à-vis d’une réforme à venir était une information importante pour les décideurs « à l’ancienne », ceux-ci plaçaient ainsi chaque proposition de loi au moment le plus approprié afin de maximiser son acceptation par la majorité de la population.
Force est de constater que ce sont de bien belles manières que nous ne connaissons plus. C’était le temps ou la majorité et l’opposition luttaient à fleuret moucheté à la façon du XXième siècle. Messieurs de l’opposition: tirez les premiers semblait dire courtoisement la majorité, un sourire aux lèvres, à chaque grand débat de société.
Désormais, qu’importe l’état de l’opinion et de la société, les lois doivent passer coûte que coûte et à la hussarde de préférence afin de mieux humilier son adversaire. Et qu’importe la désinformation ainsi que les contre-vérités qu’il faut proférer pour arriver à ses fins. L’objectif, et il n’y en a qu’un seul, est simplement de passer le vote de l’assemblée nationale, afin de maximiser le plaisir que la victoire procure au vainqueur sur le vaincu.
L’opinion publique n’est plus un frein, et son avis n’a plus qu’un intérêt limité. La technique d’introduction d’une nouvelle loi ou d’un nouveau débat s’est donc adaptée.
Et c’est précisément là qu’intervient Frédéric Lefebvre, puisqu’il est lui-même la rumeur du débat qu’il introduit. Il s’expose comme la cible d’une lutte dont il est certain de sortir vainqueur. Alors tout peut-être dit dans cette arène là, ou l’autre, les autres sont d’abord des contradicteurs devant être humiliés.
Frédéric Lefebvre a donc personnalisé cette ancien usage, et le ballon sonde s’est transformé en Homme-canon.
Et Twitter dans tous ça ?
Souvenez-vous, il y’a deux mois, on nous avait annoncé la venue de Sarkozy sur l’outil de micro-bloguing phare d’internet qu’est Twitter. Les premiers gazouillis présidentiel devaient donc résonner à nos oreilles lors du sommet de Copenhague. Entendons-nous bien : non Nicolas Sarkozy n’aurait pas écrit lui-même ses messages de 140 caractères, non ! ses conseillers auraient eu le privilège de nous conter ses aventures extraordinaires sous ces latitudes extrêmes…. C’était il y’ a deux mois, de l’eau a coulé sous les ponts, le sommet se profile…et toujours pas de traces de Sarkozy sous Twitter.
L’affaire du mur de Berlin sous Facebook , sur laquelle nous nous sommes beaucoup amusé, a laissé des traces semble t’il ; qui plus est, de celles qui n’amusent pas la présidence. La prudence semble donc de mise.
L’Homme-canon a donc servi de cobaye a l’arrivée (forcément) triomphale de Sarkozy sous Twitter. Mais voilà, une fois de plus le court-circuit a été au rendez-vous ! Il faut dire que Twitter est sans doute l’outil le plus intimiste sur internet, bien qu’il soit public ( ???). Twitter est sans doute l’outil le plus humain de la toile puisqu’il est le cœur des réseaux sociaux.
Venir sur Twitter, c’est s’inviter au détour d’un retwit dans le salon d'un inconnu qui est lui-même en train de communiquer avec des amis.
Alors, volonté de nuire au compte de Frédéric Lefebvre ou pas, Twitter a eu un court-circuit lorsque le populiste Frédéric Lefebvre est venu invectiver son monde par Blackberry interposé. Qui s’en étonnera ?
Bref, cette expérience va être très enrichissante pour l’équipe communication du président qui va y regarder à deux fois avant d’ouvrir un compte au locataire du Château.
A suivre….


Commentaires
Je suis très content que ce "connard" de Frédéric Lefebvre s'en prenne "plein la Gueule" par retour de flamme. Cet imbécile plus que patenté dans la connerie ne mérite même pas de vivre car au dela de sa nuisibilité il est contagieux et donc à isoler. Espèrons que l'Homme canon va imploser de lui-même.
Michel P.@Michel P. : son compte vient d'être réouvert depuis hier matin. la raison de la fermture de son compte reste mystérieuse. sans doute une surchage des réactions des twitterrers qui a mis à plat le réseau....enfin il y est arrivé
Christophe