Il n' y avait pourtant là rien de génial, puisque c'était non seulement le début du démontage et de la vente  par appartement du service public télévisuel mais également un joli cadeau à mettre au profit de TF1, une chaine amie pour reprendre le jargon Elyséen. C'était un choix politique correspondant à un modèle ultra-libéral de société. Ce choix était évidemment aux antipodes de mes convictions. Il portait néanmoins en lui la légitimité des urnes.

Un an après: le démantèlement de France-Télévision pose problème

Cette décision politique qui n'engageait que le président est en train de tourner, un an après,  au fiasco des plus sordide. Le dossier "démantèlement de France-Télévision" a été tellement mal ficelé qu'il est train de rebondir et de sauter au visage de son génie créateur.

Rappel des faits, et c'est là sans doute la plus grande surprise: la publicité a bien disparu du service public mais pas les divers sponsorings d'émissions. Personne n'a donc le sentiment que la publicité a été réellement supprimée du service public, et pourtant les recettes publicitaires ont bien disparues.

la Commission de Bruxelles a signifié à la France, le 29 janvier dernier, que la taxe sur les opérateurs téléphoniques censée compenser l'arrêt partiel de la publicité sur France Télévisions créait une "charge administrative incompatible avec le droit européen". Ce fut une claque pour le gouvernement qui cherche encore la parade. Cette décision mouche au passage le conseil constitutionnel, qui avait statué le 3 mars 2009 que cette taxe "ne créait pas de rupture d'égalité devant les charges publiques".

Suite à cette décision de la commission de Bruxelles, c'est le conseil d'état qui vient de rendre son avis sur le fond, et il est sans appels :

  • Le Conseil d’Etat a tenu audience sur le fond et a entendu le Rapporteur public  exposer ses conclusions: elles accueillent favorablement l’argumentation des sénateurs et demandent au Conseil d’Etat d’annuler la décision de la ministre de la Culture et celle du Conseil d’administration de France Télévisions

Nicolas Sarkozy a donc prit une décision inconséquente, néanmoins fidèle à ses convictions, qui se révèle être un piège tendu à France Télévision pour l'après Sarkozy.

De l'Inflexion du conseil constitutionnel aux désidératas présidentiels, il semble que Pierre Joxe va avoir beaucoup à dire d'ici à quelques semaines.

Conflit d'intérêt autour de la vente de France Télévision Publicité

Là dessus Médiapart nous révèle que la vente de France Télévision Publicité serait en train d'être réalisée au profit de Stéphane Courbit, par l'intermédiaire d'Alain Minc heureux actionnaire de sa société et également conseiller de Nicolas Sarkozy à ses heures perdues. C'est donc par un copinage éhonté qu'Alain Minc peut se targuer d'être d'une servilité libidineuse absolue envers tout ce qui transpire l'argent et le pouvoir. Le personnage me fait penser à l'interzone du Festin nu, le bouquin de W.S Burroughs.

Alain Minc a été condamné le 28  novembre 2001  par le Tribunal de grande instance  de Paris à verser 100 000 francs (environ 15 000 euros) à titre de dommages et intérêts  pour plagiat , reproduction servile  et contrefaçon , pour son ouvrage intitulé Spinoza, un roman juif. Sa vie et son ouvre ne peuvent être mesurée qu'à l'aune de ce jugement.

Nicolas Sarkozy a donc fait le rêve, voilà deux ans, par Alain Minc interposé d'une vente de l'audiovisuel public au rabais. Il aurait pu prendre le soin de mettre les formes, mais ce n'est pas le genre de la maison. C'est désormais un revers majeur pour lui et par ricochet sur un UMP plus que jamais divisé.