Les syndicats désunis ont mobilisés moins qu'ils le souhaitaient aujourd'hui, il y'a eu 700.000 manifestants selon eux, alors qu'ils ne faisaient pas mystère qu'ils en attendaient 1 millions.
Quelque chose a cependant changé en France subrepticement depuis un an
en France devant ce symbole qu'est la manifestation. Jusqu'à 2007, les
ministres ou le premier ministre pouvaient "valser" suite à un
mouvement de grève puissant orchestré par les syndicats, il y'avait
donc un respect, ou plutôt un modus-vivendi autour de la fonction
syndicale et de la grève en particulier. Tous les gouvernement de
droite et de gauche successifs qui se sont succédés ont respectés cette
symbolique du contre-pouvoir, même si les syndicats sont manifestement
peu représentés dans les entreprises en France.
Ce modus-vivendi a produit et repoussé certaines réformes de fond trop longtemps, c'est un fait; sarkozy a donc opté stratégiquement dans un premier temps à ce sujet, pour une "obligation de résultat" du dialogue
social entre partenaires sociaux. Et ils se sont tenu à cette
obligation de résultat faisant fi de leurs divergences pour trouver un nouveau dialogue à la Française selon l'expression consacrée.
Les syndicats ont concédés plus que de raison lors de cette négociation, quitte à fracturer leurs équilibres internes.
Le président a choisi de rendre caduque cet accord récemment, sans
aucuns égards pour les représentants syndicaux, et la négociation qui
a été menée durant plus de 6 mois. Il a donc décidé d'aller plus loin
que l'équilibre qui avait été trouvé. Et cela est un vrai changement -
voire même une rupture dans la symbolique du modus-vivendi Français. A
l'heure où Bertrand Thibault est espionné
dans sa voiture, que reste t'il de notre modèle social à bout de souffle si ce n'est un grand vide, à la merci d'un coup de tête
supplémentaire du chef de l'état ?
Hier soir, j'écoutais du Grain à moudre de Brice couturier sur France-culture. Lors de cette émission très instructive, sur le thème Politique de
civilisation, se sont affrontés Sami Naîr et yves Roucaute. Le néo-conservateur Yves Roucaute a donc déroulé sa rhétorique, dont il doit être
un des derniers défenseurs à ce jour, et c'est tout en son honneur. Un résumé de sa pensée tient en Lorsqu'aucune
solution ne peut réconcilier les peuples, l'homme spirituel, qu'il soit
religieux ou laïc, défend la seule guerre juste, la guerre humanitaire.
Mais punir les injustices ne surfit jamais à établir une « paix durable
».
Cette
rhétorique de la justification de la force par tous les moyens dont
l'apogée est sans aucuns doutes possible, la guerre en Irak ne serait
elle viable que pour les états ? ne serait elle pas transposable en
politique et en France en particulier ? ce débat a fait écho en moi
avec une réflexion que je menais ce Week-end, en effet une rancoeur
profonde, tenace, et exacerbée est en train de s'installer dans le
peuple de gauche. Celui-ci paye déjà pour les plus aisés, et on lui
enlève tous les mois un peu plus de droits en lui rajoutant un peu plus
de devoirs, les problèmes liés au pouvoir d'achat ne sont que la partie
visible de l'iceberg, la partie la plus symbolique du refus de son
existence prendra plus de temps à se manifester. Sous prétexte que le
peuple a voté en mai 2007, et loin de la réconciliation prônée un soir,
nous sommes humiliés chaque jour davantage par cette politique du
désespoir social.
Lorsque je trouve que les inégalités
sociales prennent l'ampleur qu'elles sont en train de prendre, que les
organisations syndicales sont à ce point ridiculisées, que les lois
deviennent à ce point coercitives et que l'inégalité devient la
justification du puissant sur le miséreux. Il me vient à l'idée que je pourrai prendre la posture de l'Homme spirituel chère à yves Roucaute pour prôner
une guerre juste, au sens propre, contre le pouvoir en place et contre l'instigateur de cette chienlit sociale: Nicolas Sarkozy.
L'Homme spirituel
que je suis n'est pas un néo-conservateur...de gauche, mais on peut
être certain qu'il y'en a quelques uns. Cela n'enlève donc rien au
raisonnement que je viens de faire, car cette analyse d'un
néo-conservatisme de gauche extrême garde toute sa crédibilité
aujourd'hui.
La lutte armée politique en France ? on peut en sourire mais je reste
persuadé qu'elle n'est plus une chimère au vu des faits qui se
déroulent sous nos yeux.

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