Il est décédé d'une balle qui a été tiré par un jeune qu'il connaissait peut-être, posté sans doute à quelques dizaines de mètres de sa voiture. Ce jeune là, si c'est avéré, possédait une arme et était prêt à faire feu, plutôt sur la police d'ailleurs. Il a tué. Que cette victime ait été syndicaliste ou CRS, l'acte aurait été le même de toute façon.
Une nuit en enfer
Que faisait ce gavroche sur ces barricades avec une arme dans la nuit ?
L'injustice dont il est l'objet depuis trop longtemps, mais c'est la même chose pour tant d'autres, l'a poussé là - avec l'alcool comme sauf-conduit. La toute puissance s'est pointée, et cette sensation de bien-être, il ne la connaissait que trop bien. C'était une impression vague de faire la loi puisque de toute façon celle-ci était trop injuste.
Une nuit de toute-puissance face à une vie de frustration, avec le colonialisme rampant comme preuve avérée de sa misère- et tous ces fichus magasins dans lesquels il ne pourra jamais rien s'acheter. Alors il a très certainement bu, et il devait être heureux, et plus il buvait plus les Flics l'obsédaient. Et plus les flics l'obsédaient, plus il avait envie d'en découdre. Alors, il a commencé par tirer des coups de feu en l'air pour mieux dépasser sa peur de l'arme. Puis il s'est pris à son propre jeu, et ses amis l'ont suivi. Une voiture qui n'aurait jamais du passer par là s'est pointée. Très certainement des Flics à leur poursuite se sont-ils dit. Alors ils ont tiré. Une balle a fait mouche et c'était la sienne. Ses amis ne savaient pas qui avait atteint la cible, lui le savait.
Deux jours après, sa conscience regrette encore que la police ne l'ai pas encore interpellé.
Un Week-end dans les Alpes
Lui, il a passé le week-end à Megève, parce qu'il n'était pas bien loin. En effet, il était venu passer de la brosse à reluire sur son public Alpain lors de la coupe du monde de Ski à Val d'isère. Il avait donc décidé de prendre cinq 4x4 pathfinder neufs pour ce week-end. Ceux-ci l'attendaient à l'altiport pour lui, sa femme et ses 19 gardes du corps. Son cortège l'a donc amené rejoindre sa chère et tendre au fermes de Marie, l'hôtel le plus luxueux de Megève. Nissan n'a d'ailleurs pas fait de bruit sur ce prêt gracieux évalué à 20.000 €, mais lorsque l'on prette 3 milliards à la maison mère Renault, on a des droits et des devoirs légitimes tout de même.
Il était également stressé par sa semaine, il a donc décidé de tordre le cou aux Guadeloupéens. Un mois de révolte, cela suffisait. Du bout des lèvres, il a donc nommé les faits contrit de la conscience du juste: un assassinat venait d'avoir lieu et ne resterait pas impuni. Puis pris d'un charisme, dont sa femme restée à Megève pour la semaine raffole, il a légitimé le bien-fondé du mouvement social aux Antilles:"je connais les blessures, les souffrances qui doivent être surmontées" "on n'a jamais essayé de résoudre vos problèmes anciens","des formes d'exploitation qui ne devraient pas avoir lieu au XXIème siècle ont lieu aujourd'hui".
Après une rude semaine de travail; il vient de rejoindre, hier soir, sa femme bien plus jeune que lui à Megève pour finir le Week-end.
La vie continue
Un homme est mort, et cela aurait pu être moi. Un homme a fait feu de son arme, et cela aurait pu être moi également. En revanche, un homme a mal géré cette insurrection mais cela n'aurait pas pu être moi.


Commentaires
Bobiyé ! On retrouve enfin LE peuples.net du bon vieux temps !
Nicolas Jrespect pour l'article
Brice_WullusRien à ajouter, tu as tout bien dit déjà…
:-))
(Comme quoi, c'est assez dur le métier de président, comme il dit…).
Monsieur PoireauInsurrection, tu l'as dit.
MagEux, ils parlent d'émeutes...
"Il y a l'émeute, et il y a l'insurrection; ce sont deux colères; l'une a tort, l'autre a droit. Dans les états démocratiques, les seuls fondés en justice, il arrive quelquefois que la fraction usurpe; alors le tout se lève, et la nécessaire revendication de son droit peut aller jusqu'à la prise d'armes. Dans toutes les questions qui ressortissent à la souveraineté collective, la guerre du tout contre la fraction est insurrection, l'attaque de la fraction contre le tout est émeute; selon que les Tuileries contiennent le roi ou contiennent la Convention, elles sont justement ou injustement attaquées."
Hugo, Les Misérables
MAg
@Nicolas J : merci pour ce compliment nico
@ Brice_Wullus : pareillement
@Monsieur Poireau : pas mieux
@Mag : Mag a craquée, elle a enfin mis un morceaux des misérables........smack Mag. ces petits morceaux choisis...c'est un peu comme les fruits dans un yaourt.
ChristopheShalom aleykhum
Il est clair que notre pays ("les élites") a du mal à se défaire de ses habitudes abjectes et discriminatoires envers sa jeunesse et ses enfants de ses colonies(anciennes et nouvelles), ses ghettos.
Et si les "békés" étaient rien d'autres qu'une formes de réincarnation économique de l'OAS ?
Des Colonies !
Quand cette jeunesse se trouve en dehors du temps, bannis de la société et de la République.
Des Banlieues !
Quand cette jeunesse se trouve ghéttoïser, en dehors de la commune, bannis de la société et de la République.
Ban = banni
Lieu = société
Plein le Q de la droite de France
Plein le Q de la gauche de France
Qui nous aveugle à nous faire croire qu'il faut lutter contre l'exclusion.
C'est un "Jeunocide"!
Et pourtant, ces jeunes remuent, revendiquent, agissent, s'agitent, posent des questions, veulent des choses...Mais ils veulent quoi, si leur question n'est pas la misère ?
Cette génération est depuis quelques années confrontée à des conditions d'une dureté si exceptionnelle, elle est si absolument désabusée, si souvent sur la ligne de mort, que l'on peut parler, d'une entreprise de Jeunocide*.
Génération sans aucune perspective d'emploi stable ni de logement autonome, devant parfois nourrir leurs frères, leurs parents.
Face à la quasi impossibilité d'avoir eux-mêmes des enfants.
Temps annulé des journées sans projet, temps inversé de la responsabilité des enfants sur les parents, temps barré de la non-histoire à venir, temps aboli de l'hébétude de la non-perpétuation des êtres. Génération hors du temps, génération hors de l'humanité. Jeunocide*
Cette génération cherche à réinventer le temps, un monde possible.
Or un phénomène démographique aussi massif, aussi continu, et à cette échelle, ne saurait être sans conséquences socio-politiques.
Les jeunes ils sont pas cons, ils ont compris que l'ascenseur social est bloqué au sous-sol et qu'il pue la pisse !
Lutter contre l'exclusion...
mon Q c'était un leurre !
Lutter contre " l'exclueur"...
c'est QFD ! c’est l’heure.
On a décidé de faire comme Mountazer ("notre prix Nobel du journalisme"),
rachidOn s'entraîne aux jets de godasses, on a reconnu les cibles !
C'est dingue comme on peut tout expliquer en additionnant les clichés.
Si la police avait tué un syndicaliste, je vois d'ici le billet que tu aurais écrit. Police fasciste, police forcément raciste, etc, etc.
Mais là c'est un pauvre type qui a fait la boulette. Et du coup, on lui trouve des excuses.
Bien sûr, grâce à uen façon de raisonner un peu étrange, là encore c'est de la faute de Sarkozy. Evidemment! Le con, il a 19 gardes du corps...
le chafouin@le chafouin : je suppose que tu as lu L'étranger de Camus et que tu n'as pas aimé?
Christopheeuh...quelles preuves tangibles avons nous, pour dire qu'il s'agit d'un jeune émeutier?!?
parce-que, des coupables qui tombent à pic...on nous a déjà fait l'coup avant!!!
RECETTE:
Faites assassiner un syndicaliste, par un barbouze quelconque à la botte du pouvoir...
ramasser un jeune armer sur les barricades...matraquez-lui la gueule, jusqu'à ce qu'il avoue un crime qu'il n'a pas commis(les flics français sont des spécialistes en la matière!).
Balancez vite l'info aux médias...brisant ainsi le secret de l'instruction...faites fi de toute présomption d'innocence...en gros, faites en sorte qu'il soit jugé par l'opinion plutôt que par un tribunal...
Et voilà...comment on se débarrasse, "d'élément gênants"...les mains propres, tête haute!(sic)
PS:un émeutier armé qui tue un syndicaliste en visant la police?!? c'est marrant...MAIS J'Y CROIS PAS UNE SECONDE!!!
nikonekroOui, super papier !
tx @ +
Eric Bloggeur Citoyen@Peuples, la version du gavroche armé est loin d'être une certitude ou une vérité établie
Farid@Farid : c'est une fiction
@Eric Bloggeur Citoyen : merci
@nikonekro : c'est une fiction pure que j'ai réalisé
ChristopheOui, j'ai lu l'étranger. J'ai aimé.
Pour autant, faut-il en déduire, parce que c'est un conflit social, que le meurtrier doit avoir des excuses? Tu étais à côté de lui?
le chafouin@le chafouin : Et toi, étais-tu à coté de lui ?
ChristopheNon, et c'est pourquoi je m'abstiens de props péremptoires tels que ceux que tu oses tenir... Peut-être que tu as raison, mais tu n'as aucun moyen de le savoir!
le chafouin@le chafouin : d'où te viens cette agressivité Chafoin ?
Christopheest-il interdit de faire une fiction ? et si oui pour quelles raisons ?
Qu'est ce qui m'empèches d'écrire ce dont j'ai envie ? penses tu que les lecteurs ne sont pas assez adultes pour considérer ce dont, nous les blogueurs, leur offront ?
Désolé si je parais agressif, ce qui m'agace, c'est que cette fiction est de mauvaise foi. Tu sous-entend que le tireur est une victime. Alors certes, le lecteur est libre, mais il est aussi libre de ne pas prendre pour argent comptant un mensonge. Cela ne te dispense pas, il me semble, d'obéir à un devoir de vérité. Là, tu as plutôt fait de l'idéologie, mais c'est ton choix!
le chafouin@le chafouin : une fiction ne peut pas être de mauvaise foi puisque c'est une fiction.
Christopheje sous-entend ce que j'ai envie de sous-entendre, le lecteur est libre de sa lecture. je ne fais pas de l'idéologie, je fais une fiction, beaucoup de lecteurs ont aimé cette fiction, j'ai eu pas mal de mail à ce sujet. Tu n'as pas aimé, c'est tout autant ton droit. Quand tu regarde un film, te poses tu la question de la vérité ? même si il y'a écrit une histoire vécue, où commence la fiction, et où s'arrete la réalité ? tu as le droit de ne pas aimer, de penser que je fais de l'idéologie, fais un billet à ce sujet....