Mon billet d'hier a connu un succès mitigé de la part de mes amis de gauche et je peux le comprendre aisément. En effet le parti socialiste, depuis 1905, pour ne pas dire depuis plus récemment connait schisme après schisme. Le récent épisode marqué de cette lutte interne était le de "nonisme" qui avait opposé les dirigeants du parti socialiste au vote des Français sur le front toujours ouvert entre une gauche radicale et une gauche plus modérée mais européenne. Cette brèche est toujours ouverte depuis plus d'un siècle et je ne prétend pas y apporter une quelconque solution. Le problème est connu, la solution reste à inventer
Cet égarement interne est très certainement le fruit de cette guerre non consommée depuis fort longtemps, nous pouvons sans aucun doute attribuer la perte de l'élection présidentielle de 2007 aux séquelles de cet archaïsme primitif.
Le parti socialiste depuis cette période vit à l'heure du Kramer contre Kramer pour le plus grand bonheur de ses adversaire qui n'ont pas à déployer un talent particulier pour gagner.
Le constat est sévère, mais il me semble important à rappeler.
Ma gauche est multiple
Je viens d'une famille de la gauche de la gauche, j'en ai naturellement les biais depuis que je suis gamin. Je possède également l'arsenal idéologique de cette caste. Naturellement soixante-huitard dans l'âme, j'ai la haine du "patron" enracinée en moi depuis que je suis en age de réfléchir, avec les exemples familiaux à portée de main justifiant ma croyance initiale. Je croyais donc aux mythes d'une société progressiste qui tendrait vers quelque chose de meilleur sous la double conjonction de la culture et de l'éducation.
Las, mes différentes expériences sociales: dans un collège classé ZEP durant mon service civil, comme bizuth et bizuteur (usineur et usiné pour les connaisseurs) aux arts et métiers, comme employé manipulé durant mes premières années de boulot ont transformé le tableau initial que l'on m'avait inculqué malgré moi. Mes activités professionnelle d'encadrement m'ont également beaucoup apprit sur les ressorts humains, du plus noble au moins reluisant. La problématique d'entreprise s'est également dévoilée à moi avec à chaque fois l'impression d'en apprendre un peu plus plus sous un autre angle d'attaque.
Je suis donc passé par toutes les strates que la gauche puisse compter sans en accepter aucunes d'entre elle tout en étant traversé par toutes ces différentes forces. je les possède toutes, comme elles me tiennent à coeur. Une chose est certaine: je suis à gauche, sans trop savoir si c'est celle du centre ou une autre plus excentrée.
La gauche est pour moi quelque chose d'extrêmement simple: c'est le constat, via une sensation physique, d'une inégalité quelle qu'elle soit. Avec le sentiment qui vient inévitablement après, mais qui n'est pas de la culpabilité: Que puis-je faire pour améliorer cet état de fait maintenant? cela se rapproche indubitablement de la jurisprudence chère à Deleuze.
J'ai quarante balais, et le privé, tant honnis par nombre de mes camarades m'a beaucoup appris. Si je pouvais en retirer quelque chose, se serait très certainement cela: comment à chaque instant et à chaque situation, via une analyse hors affect, juger dans son intégralité une situation pour pour en tirer le meilleur suivant les objectifs que l'on s'est fixé.
Mon objectif: un président de gauche (EE,PS,PdG) à l'Elysée en Mai 2012
Avec comme corollaire: peu importe qui, peu importe comment et peu importe le mandat de son parti. La situation actuelle est trop dégradée pour faire la fine bouche. C'est donc au moindre mal auquel je m'expose. Tous le reste n'est que d'une importance secondaire pour moi.
Rien n'est dit, rien n'est fixé jusqu'à fin avril 2012, cependant il faut tenir compte de la lourdeur nous caractérisant pour construire un rétro-planning basé sur ce timing là. Les éléments pouvant nous éloigner de cet objectif sont nombreux, et ils se situent tous au parti socialiste, pour les raisons que j'ai exposé plus haut. Le constat est le suivant actuellement au PS: la rude élection qui a opposée M. Aubry à S.Royal l'hiver dernier n'est que le dernier avatar de la lutte finale initiale. Cet affrontement a laissé les traces dans lesquelles tous les villages gaulois, dont sont fait ce parti, s'engouffrent avec volupté. Gagner ne devient qu'un objectif de second ordre tellement les forces déployées pour se vaincre en interne sont importantes. A ce rythme là, Nicolas Sarkozy peut encore brûler la chandelle par les deux bouts longtemps, chers camarades.
Désolé pour cette longue entrée en matière qui n'est là que pour amener la suite. Désolé également de mettre en avant ma personne mais c'est la seule expérience de gauche que je connaisse un tant soit peu.
Guérir le PS, c'est lui donner une patronne
N'en déplaise à mon penchant naturel, commun à nombre de mes camarades: un groupe d'homme et de femme d'une poignée de personne ne dirige un parti, une boite, une équipe de football etc...qu'avec certaines conditions qui nous dépasse. En effet nous sommes une horde dont le cerveau primaire fait sortir naturellement les moins nobles émotions. la psychosociologie nous éclaire un peu sur le "comment faire au parti socialiste".
Dans un petit groupe, structuré par des règles, il faut un patron qu'il soit élu démocratiquement comme ou parti socialiste (ce qui en fait sa force et une de ses faiblesse) ou qu'il soit nommé (club de foot, entreprise etc...). il est là pour donner le cap et trancher les controverses de fond. Son rôle est éminemment symbolique, il est le chef...parce qu'il est le chef. Et en l'occurrence la coiffe au parti socialiste porte le nom de premier secrétaire. Ce parti est fort de ses statuts, ceux-ci garantissent en effet à tout un chacun l'accès à la candidature à la candidature (dans le principe). Il n'y a pas comme ailleurs un jeu de petit-chef pour dominer l'autre pour pallier à ce principe intangible démocratique.
De plus décider, c'est à dire trancher, fait nécessairement des mécontents. Il faut donc assumer ces choix pour les faire accepter (de grès ou de force). C'est d'ailleurs de cette force là que naissent les successeurs au chef, le nouveau chef pouvant briser le totem de l'ancien temps forcément obsolète (Sarkozy VS Chirac).
La spécificité de la gauche, au même titre que mon expérience première, est de refuser le chef afin de décider entre "amis". L'expérience que j'ai mené avec des enfants en ZEP montre qu'ils ont un besoin énorme de règles, principes et explications afin justement de battre ces mêmes principes en brèche. Les adultes ne sont souvent que de grands enfants.
Rien n'est plus pervers dans les faits, puisque cette stratégie là donne l'accès à la "place du chef" à tout le monde sans décision finale. C'est Koh-lanta au quotidien, avec les médias qui se délectent de ce déballage bien organisé. L'angoisse nait, de cette incapacité à trancher, à l'intérieur du groupe - les sorties intempestives du nerveux de service ou du trouillard impavide deviennent la règle.
A ce rythme là, inutile de préciser qu'en 2012, le parti socialiste aura trouvé ses nouvelles marionnettes de cette lutte sans fin.
Je ne souhaite évidemment pas cette situation, et il me semble impératif actuellement pour Martine Aubry, que tout gauchiste bien intentionné houspillera avec délectation au sujet de sa lettre à Manuel Valls, de continuer sur sa lancée. Manuel Valls n'est qu'un député, s'il ne se plie pas au chef, qu'il parte! je ne le connais pas et cela ne me gênera absolument pas. L'objectif que nous nous fixons est d'une envergure qui ne peut se plier aux caprices d'un député parmi les autres.
Personnellement, j'ai déjà démissionné deux fois de boulots dans lesquels je ne me sentais plus bien. Si tel est le cas pour Manuel Valls, qu'il fasse de même! Je ne peux attendre d'un député de gauche qu'un minimum de rectitude vis-à-vis de lui-même.
Martine Aubry est donc la patronne, cela aurait pu être un (e) autre mais tel n'est pas le cas. Je n'ai aucuns liens avec avec elle, mais elle a été élue démocratiquement. Dans les conditions que l'on connait - et alors ?
Elle doit s'imposer, et c'est maintenant qu'il faut le faire. Et si Manuel valls est le bouc-émissaire volontaire de cette prise de fonction, qu'il le soit - cela ne me gênera pas outre mesure.
Le PS a besoin d'un leader, Alea Jacta Est pour l'actuelle première secrétaire. Elle, comme un autre, forgera le PS de demain. Un Boss est attendu au PS, qu'elle agisse ! Son bras séculier n'est qu'un élément de notre future victoire.
Les statuts et la structure du PS
Certains, nommés plus haut, voudraient changer le nom du parti: c'est à mon goût un simple effet placebo destiné à redorer une image personnelle en mal de médias.
Soyons un peu réalistes et regardons la structure du parti socialiste, c'est l'antidote à l'amour:
Localement:
La section est la structure de base du Parti Socialiste
La fédération met en œuvre la politique du parti au niveau local
Le premier secrétaire fédéral est élu au scrutin majoritaire à deux tours par les militants lors d'une deuxième session après la tenue du congrès national
L'union régionale regroupe les fédérations d'une même région. Elle est dirigée par un comité régional du parti qui détermine la politique du parti concernant les problèmes propres à la région et veille à son application en liaison avec les élus
Sur le plan national:
Les membres du conseil national sont désignés par les délégués au congrès national réunis en assemblées de motion, proportionnellement aux résultats obtenus par les différentes motions
Le bureau national assure l'administration et la direction du parti dans le cadre des attributions que lui délègue le conseil national. Ses membres sont désignés selon les mêmes procédures que les membres du conseil national. Il comprend 54 membres sous la direction du premier secrétaire et se réunit tous les mardis en fin d'après-midi.
Les membres du secrétariat national sont élus par le conseil national sur proposition du premier secrétaire. Ils ont la charge de la mise en œuvre des décisions prises par le conseil national et le bureau national.
Selon mon expérience, cette structure est une construction de l'esprit qui ne peut fonctionner, je ne suis pas dans les arcanes du parti socialiste mais je suis prêt à parier que cela n'a jamais marché. Certains en ont peut être eu l'illusion à un moment donné. Pour ma part cela reste une construction de l'esprit.
Il faut donc simplifier cette structure afin de l'aplatir pour donner davantage de pouvoir au conseil national et aux sections. Je ne sais pas exactement comment, ni par quels moyens, mais je suis persuadé que cela libérera une bonne partie de "l'appareil" comme le parti aime à se nommer.
Ce billet est trop long, je le sais bien, mais il me semble que j'ai eu juste le temps de développer quelques idées fortes. Jegoun ne me lira pas certainement pas jusqu'au bout, mais c'est le patron, alors je m'incline devant son expérience. Si vous avez suivi jusqu'à là, je vous conseille le dernier billet de SuperNo qui est vraiment exceptionnel. Mon esprit analytique en aura rebuté plus d'un, ce n'est pourtant que le fruit de notre enseignement scolaire laïque et gratuit.


Commentaires
Non seulement je ne suis pas le patron mais en plus j'ai tout lu. Et j'approuve.
Nicolasj'ai la haine du "patron" enracinée en moi depuis que je suis en age de réfléchir,
quand je lis ça, en tant qu'artisan, "patron" de TPE, je me dis que ça n'est pas demain la veille que je voterai pour votre gauche.. en tant que Modem, ayant voté à gauche jusqu'en 95..je ne comprends pas cette haine, qui exclut des gens qui créent les emplois, et la richesse économique du pays..qu'on ait du ressentiment contre les "grands patrons" c'est normal, moi aussi, je ne supporte pas leur façon d'agir et de privilégier l'actionnaire par rapport au salarié..mais il y a des milliers de petits patrons , qui non seulement sont en train de crever à cause la crise, mais en plus vont perdre leurs biens personnels, jusqu'à se retrouver au RSA, c'est mon cas...et mes 5 salariés seront au chomage( au moins eux s'en sortiront à peu près), mais nous( mon mari et moi, à l'approche de la soixantaine, on va finir dans la rue, après avoir travaillé durant 35 ans, pour faire tourner la machine économique, sans faire fortune, figurez vous que ça existe les patrons pauvres..
alors dites vous bien que ça n'est pas en crachant sur nous, que vous obtiendrez notre vote, qui je vous le rappelle sera primordial en 2012, si Bayrou n'est pas au deuxième tour...
la haine n'est pas rassembleuse...le mépris non plus..
je tiens à dire que je soutiens fortement Monsieur Valls que j'ai toujours trouvé interessant et qui pour moi semble l'alternative à gauche la plus crédible, et pour lequel je voterais sans problème ..
si le PS continue sur cette pente dangereuse, je crains qu'on se tape 5 ans de plus de Sarkozy...
judithBon, je voulais dire plein de choses en réponse à ton billet, mais finalement le commentaire Judith illustre assez bien les points sur lesquels je voulais alerter. Tant que le dogme sera à ce point clivant et manichéen, la gauche ne retrouvera pas le pouvoir. La société est probablement beaucoup plus complexe et nuancée qu'il y a quelques décennies et si le discours de la gauche ne prend pas en compte ces mutations, elle va encore laisser longtemps la porte ouverte à la droite.
marie laureOn se tue à vous le dire, les urnes parlent. Et le message ne passe pas ... Au lieu de garder les yeux fixés sur elle ou sur sa doctrine, le PS pourrait peut être regarder l'évolution et les attentes de "peuple de gauche" qui votait avant pour lui , non ?
@Nicolas : salut nico
@judith : pardonnez moi madame, mais lorsque vos grands parents sont restés toute leur vie maintenu en état de quasi esclavage par des patrons de grands cru bordelais dans les vignes. Vous avez des exemples sous les yeux tous les jours pour justifier ce que je dis. Permettez moi également de vous dire, que cela continue aujourd'hui. Alors, si vous ne connaissez pas de telles situations, je peux vous faire un tour socio-économique dans le Bordelais. Vous resterez sans doute surprise par cette découverte.
ChristophePS: Mes grands-parents manternel n'ont pas de retraite, les 2 patrons n'avait pas cotisé aux caisses. Il me semble que vous ne devez pas bien connaitre ce type de situation pour parler comme vous le faites. Ceci dit, je comprends votre désaroi quand à la crise actuelle.
Pour moi l'entreprise n'a aucun but social, elle est là pour dégager de la marge, et si cela ne se passe pas, elle coule. Il ne faut pas se raconter de salades.
@marie laure : Marie laure "on se tue à vous le dire", je ne m'inscris dans aucun courant en particulier. Peux tu être explicite au sujet du "message qui ne passe pas" ?
à +
Christophe@Christophe
je ne doute pas des excès que vos grand-parents ont subi, et je comprends tout à fait votre colère..mais ça n'est pas une raison pour généraliser et considérer que tout patron est un salopard...on peut diriger une entreprise et se considérer comme l'égal de ses salariés, se battre pour conserver les emplois, même si ça coute très cher ..et dire qu'une entreprise n'a pas de but social, c'est considérer que le rôle de l'entreprise se résume à l'exploitation au sens propre des salariés pour un profit maximal..moi je ne suis pas d'accord là-dessus, les TPE sont la base même du tissu social, local, et leur disparition en chaine est un drâme pour tous les élus ( y compris de gauche)..évidemment qu'on espère dégager une marge, mais la réalité du terrain est souvent plus difficile..heureusement qu'il y a autre chose dans la vie, que la course au profit.. ça s'appelle la Passion de son métier...et ça , ça passe bien avant le profit.
et je vous rappelle que quoiqu'il en soit , sans ce tissu économique de TPE, les 3/4 des français seraient sans emploi...
cela dit, vous ne m'avez pas répondu sur le fond , la tournure que prend le PS et les idées clivantes que vous exprimez ne peuvent que précipiter l'échec de 2012..je ne voterai pas, pour une gauche qui ne reconnait pas l'ensemble des forces vives de la nation, qui méprise une partie des citoyens..A bon entendeur Salut...
judithChristophe, je n'aime pas ton papier pour plusieurs raisons.
marc vasseur1° le militant le petit doigt sur la couture du pantalon me fait penser aux plus belles de l'ère brejnev
2° à partir de là... il faut interdire les blogs de militants... ce que certains élus aimeraient d'ailleurs.
3° les missives par voie de presse... mouais... encore moins quand c'est à géométrie variable... y aurait il un traitement différent selon qu'on ait voté aubry ou royal... il semble que c'est le cas...
Le problème du Parti Socialiste, c'est d'abord l'Union Européenne. Tant que le Parti Socialiste n'aura pas clarifié sa position par rapport à l'Union Européenne, ce sera le bordel au PS.
Dernier exemple en date :
le 7 février 2008, un vote historique a eu lieu à l'Assemblée Nationale. Les députés français devaient voter POUR ou CONTRE le traité de Lisbonne. Je rappelle au passage que le traité de Lisbonne impose le libre-échange mondial généralisé dans son article 206 :
« Par l'établissement d'une union douanière conformément aux articles 28 à 32, l'Union contribue, dans l’intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs, ainsi qu'à la réduction des barrières douanières et autres. »
Le 7 février 2008, à l'Assemblée Nationale, 121 députés du Parti Socialiste ont voté POUR le traité de Lisbonne, 25 ont voté CONTRE, 17 se sont abstenus.
Cette division à propos de l'Union Européenne est fondamentale : elle va continuer à foutre le bordel au PS tant que l'abcès n'aura pas été crevé.
http://www.assemblee-nationale.fr/1...
BA"Il me semble impératif actuellement pour Martine Aubry, que tout gauchiste bien intentionné houspillera avec délectation au sujet de sa lettre à Manuel Valls, de continuer sur sa lancée."
En tant que gauchiste mal-intentionné, j'espère franchement qu'Aubry ira au bout de sa logique et dégagera Valls. Malheureusement, ce qui trouble son message de reprise en main (souhaitable) du PS, c'est la mansuétude dont elle fait preuve après des gifles de type lang et autres.
Elle garde un atout, auquel elle devrait lâcher la bride : c'est le cogneur Hamon.
L'anti-sarkozysme primaire, que la droite montre du doigt comme la cause de sa réussite (sic) aux européennes, sera une des variables importantes de 2012 (et d'être dénoncé comme la chose qui l'a servie ne doit pas nous tromper. Elle le redoute). Hamon peut y donner là sa dimension.
Qu'Aubry fasse enfin le ménage, qu'elle n'y oublie pas dsk, lang et consorts. Et elle pourra venir commencer une discussion constructive avec le PG et le NPA.
Chapeau pour ce billet. Instructif. Et qui , te dévoilant un peu à titre personnel, permet une lecture différente (à la marge ;-) de tes billets.
MerachlorAmitiés.
M.
plein de commentaires mais en fait la remarque de judith m'oblige à y revenir tant je la trouve intéressante... je suis moi même petit patron et ... militant socialiste (le wwf suit mon dossier de près il paraît que je suis une espèce rare). il me semble qu'il y a un monde d'écart entre les petits commerçants, entrepreneurs,artisans et les actionnaires : le travail. effectivement dans un cas on fait vivre l'économie en travaillant, dans l'autre on se sucre sur le dos de ceux qui travaillent. or le petit patron est bien plus imposé sur les fruits (parfois maigres) qu'il tire de son travail que le gros actionnaire sur ses dividendes.
il faut lever ce malentendu réciproque entre la gauche et les petits patrons , aujourd'hui le petit patron est à mettre dans la catégorie classe moyenne(et non pas dans la grande catégorie des patrons tant sa rémunération en est loin) en même temps qu'il doit (le petit patron) se rendre compte que son ennemi ce n'est pas la gauche qui voudrait le faire crouler sous les dettes à force de lui faire payer des impôts mais le système actuel de répartition des richesses et de leur taxation qui font que le produit du capital est bien moins taxé que le produit du travail. (y compris le travail du patron, qu'il soit boulanger, cafetier, coiffeur etc...) ... ajoutez à cela que ce fameux système est tellement pervers qu'il fait de beaucoup d'entre nous de manière détournée des parcelles d'un de ces gros actionnaires via les fonds de pension (combien de salariés sont via leur assurance vie actionnaires de l'entreprise qui les licencie pour augmenter les dividendes de ses actionnaires!) ... bref pour résumer, face au capitalisme financier
poussé à l'extrème, la logique humaine, économique et industrielle ne comptent plus, le problème est là et pas ailleurs !
ce qui me fait rebondir sur mon très cher manuel valls, qui en guise de modernité se réclame (sans rougir) du blairisme alors même qu'on en a les conséquences néfastes sous les yeux ! absurdité économique quand on voit la situation anglaise catastrophique dû à l'ultralibéralisme thatchérien mais aussi à la complaisance de blair vis à vis du système mis en place, mais aussi et c'est le plus drôle absurdité politique ! Manuel Valls nous explique sans rigoler que la modernité ce serait d'appliquer les recettes de tony blair (qui ont mené le labour plus bas que terre) à notre PS pour le rénover et de traiter tous ceux qui ne seraient pas d'accord avec lui de pauvres types dépassés. sur le fond c'est sa position et il en a le droit, sur la forme je me permets de faire remarquer que poser en préambule que toute autre position que la sienne est ringarde et nulle ne démontre pas d'une envie folle de débattre (alors qu'il fait précisemment ce reproche aux autres). il ne me semble d'ailleurs pas avoir vu monsieur valls venir débattre de quoi que ce soit au ps depuis un moment, non lui il fait dans la déclaration péremptoire à la presse.
déclarations systématiquement dirigées contre le ps et qui ne comportent d'ailleurs aucune autre proposition que le dynamitage du ps afin de récupérer ce qu'il en reste pour les besoins de sa carrière perso.
alors oui quand quelqu'un joue perso à ce point là contre son camp, il faut réagir.
si M Valls se sent si loin des idées socialistes au point de trouver que ce mot ne veut plus rien dire, s'il trouve que ce parti ne lui convient plus et qu'il est rempli de cons, je ne vois pas trop ce qu'il y fait encore !
duguit@marc vasseur : je n'ai pas dit que le militant doit avoir le doigt sur la couture, mon propos n'est pas là.
pourquoi veux tu interdire les blogs militants ?
il est effectivement possible que le traitement de ces réactions soit différentes selon les personnes, et ce n'est pas normal
Christophe@judith : concernant mon expérience personnelle que j'ai dépassé depuis longtemps, je ne généralise nullement, mais c'est mon histoire. Ce moule m'a formé et c'est comme cela (que je le veuille ou non).
Attention, ce que je dis ici n'engage que moi.
Pourquoi voulez-vous que je ne reconnaisse pas ( ou la gauche) les forces vives de la nation ? et pourquoi voulez-vous que je méprise une partie des citoyens?
je constate seulement comme vous que les déficits augmentent et que les moyens de l'état sont mis uniquement dans le big business à cause de sa proximité avec l'elysée.
Les artisans et les TPE sont les premiers perdants de la crise actuelle, du fait de son peu d'impact médiatique, et pourtant les 30.000 à 60.000 suppression d'emploi depuis sept. dernier se passent chez vous, comme vous le signalez avec justesse.
Christophe@Merachlor : ce serait effectivement souhaitable
Christophe@duguit : les petits patrons des TPE, les artisans ne sont pas légion à gauche, et pourtant le gouvernement n'est pas tendre avec vous. C'est vous qui subissez, sans avoir le moyen de négocier directement avec l'etat puisque pas assez gros. et pourtant les TPE sont les premières victimes de la crise. votre commentaire est en cela riche.
Tout est dirigé sur le big business, le retse est invisible actuellement. Je suis cadre dans une grosse boite. J'ai une sécurité de l'emploi car ma boite marche bien sans en avoir les risques que vous vous prenez.
ChristopheBravo !!!
Je pensais qu'on parlait de la même chose et j'ai évité de lire ton article avant d'avoir fini le mien (prévu pour paraitre à 21h25 !) mais finalement non !
Oui, Aubry est à sa place et tout à fait son rôle de responsable du Parti quand elle remet Valls à sa place ou qu'elle lui demande de choisir sa place. Tout à fait d'accord avec toi.
Je trouve même que ça manquait depuis trop longtemps d'avoir quelqu'un pour le dire !
:-))
(C'est un peu long quand même, j'avoue !!! :-)) ).
Monsieur PoireauL’institut de sondages OpinionWay n’est qu’une machine de propagande en faveur de Sarkozy. Oui, ça, on le savait. Un article du site « Le Post.fr » le démontre une nouvelle fois :
http://www.lepost.fr/article/2009/0...
BA@Merachlor :
Tiens, on est (encore) d'accord. Même si je pense que le lâchage de bride à Hamon, qui doit représenter tout au plus 10% des militants socialistes depuis le départ de Mélenchon, est tout à fait improbable.
Je pense qu'on va assister à une longue agonie du PS, que je regarderai de loin, sans empathie particulière, mais en sachant que tant que l'agonie durera, la droite restera au pouvoir... Ca pas très gai, mais c'est réaliste.
Etiam RidesPascal Lamy discrédite le Parti Socialiste. Pourtant, Martine Aubry refuse de condamner l'attitude scandaleuse de Pascal Lamy, parce qu'il a été de longues années le bras droit du père de Martine Aubry. On ne dit pas de mal d'un copain de Papa.
Quand le Parti Socialiste coupera-t-il ses branches pourries ?
Quand ?
Les principaux pays membres de l'Organisation Mondiale du Commerce ont refusé d'accorder à son directeur général, Pascal Lamy, la hausse de 32 % de ses rémunérations qu'il réclamait, rapportent des diplomates jeudi 16 juillet.
M. Lamy faisait valoir à l'appui de sa requête qu'il ne bénéficie pas du plan de retraite accordé aux autres employés de l'OMC, une demande qualifiée de "politiquement naïve" par un diplomate.
"En tout, cela faisait une hausse de 32 %. Il n'y a pas eu – comment dire cela d'une manière diplomatique ? – d'enthousiasme pour revoir le paquet de ses émoluments, étant donné la crise financière et économique, et en particulier dans la proportion demandée", a déclaré ce diplomate. "La position était absolument unanime", a-t-il ajouté.
Pascal Lamy perçoit un salaire annuel de 480 000 francs suisses (316 000 euros), auquel s'ajoute une cotisation de 15 % du montant de son salaire pour sa retraite.
http://www.lemonde.fr/organisations...
Je propose qu’on organise une quête pour payer la retraite de Pascal Lamy ! A votre bon cœur, messieurs-dames ! Pascal Lamy ne gagne que 27 000 euros par mois !
BAJe viens de lire votre billet et à vrai dire, j'ai fait un bond. Les vilains patrons, les gentils ouvriers, vous ne pensez pas que c'est une phraséologie un peu dépassée ? Vous écrivez plus tard dans vos commentaires que l'entreprise n'a aucun rôle social et n'est là que pour dégager des marges.
L'hérétiqueIl est évident qu'elle doit dégager des marges : comment pourrait-elle autrement survivre et prospérer.
Pour son rôle social, évidemment, ce n'est pas une oeuvre de bienfaisance, mais c'est en revanche une expression (pas la seule) de l'humain en action.
@L'hérétique : Je suis bien heureux de vous avoir fait bondir. Il est dommage par contre, que vous réduisiez mon billet à ce manichéisme primaire.
ChristopheCependant, aujourd'hui comme hier il y'a ceux qui souffrent de leur condition et les autres. C'est un fait, vous ne devez pas beaucoup côtoyer la misère L'hérétique.
@ Christophe,
Je ne conteste pas le fait que vous énoncez, ce que je conteste de le réduire à une opposition entre patron et salarié et de faire de l'entreprise le lieu privilégié de cette souffrance.
L'hérétiqueLa misère prend des formes très diverses et n'est pas nécessairement réductible à la situation sociale.
@L'hérétique : bien entendu que la misère n'est pas réductible à la situation sociale. Il n'y a pas d'équivalence entre ces deux proposition mais seulement une implication forte:
Christophesituation sociale dégradée => misère sociale
@duguit : pourquoi vous sentez-vous responsable des trahisons (nécessaires) anciennes. Il y'a une nécessaire trahison entre entre les engagements de campagne et les réalités du quotidien (Mitterrand, Chirac,Sarkozy et De Gaulle pour l'Algérie Française). C'est un fait, non pas que je l'approuve mais c'est une réalioté entre rassembler son camp et découvrir ensuite les réalités. Alors pourquoi stigmatiser uniquement la gauche à ce sujet ?
ChristopheExcellent billet...
Toutes tes réflexions, notamment sur les structures du PS, démontrent bien que tu n'appartiens pas au PS... Pour éviter toute équivoque, rares sont les militants qui raisonnent indépendamment des courants, des écuries, et des places à prendre...
Pour Valls je suis ok également... Mais est-ce normal qu'Aubry communique avec lui via les médias ? Ne peuvent-ils pas s'exprimer de visu ?
Il faut une sacrée foi pour voter encore pour le PS dès le 1er tour...
des pas perdus@des pas perdus : merci des pas perdus pour ton avis. Je pense, mais je dois être un des rares, à penser pour diverses raisons que seul le parti socialiste peut vaincre Sarkozy. Peut-être ais-je tort ?
Christophe