Nous vivons le premier Week-end post crash boursier, c'est un peu comme un soulagement post-coitum. Trop de finance tue l'économie. Un soulagement à vrai dire, peu avant la crise économique qui s'annonce.
Après une semaine déprimante pour les bourses mondiales et sur fond de plan d'action du G7 d'obédience étrangement interventionniste. L'effondrement du système financier m'a procuré une grande joie ces jours-ci. DSK a eu raison de rappeler que les problèmes de nourriture dans le monde, problème bien plus cruel pourtant, sont toujours présents actuellement, même si la télévision à d'autres chats à fouetter.

Le G7 ne s'occupe que de ses problèmes de riches crises financières, cela s'entend. Nos dirigeants se sont donc mis dans l'idée de sauver les banques qui ont été mal gérées. Pourquoi pas... nous avons déjà financé en partie l'idéologie consumériste Américaine au travers de l'exportation de ses actifs véreux nommés "subprimes" et nous allons peut-être remettre la main à la poche bientôt. Pour l'instant l'état Français a pris une petite louche de 3 milliards d'euros chez Fortis, et une pincée à 2 milliards d'euros chez Dexia. C'est sans doute pourquoi l'émoi provoqué par le désormais célèbre parachute doré a obligé Axel Miller, l'ancien administrateur de Dexia, à refuser son cadeau de départ de 3,7 Millions d'euros. Bigre, le monde serait il en train de changer ? mais non, mais non.....

A peine Fortis recapitalisée, un dîner déjeuner de con vient d'être organisé, à Monaco, par la banque moribonde pour 50 de ses courtiers. Prix du déjeuner par tête: 3000 €, l'addition pour Fortis: 150.000 euros, cafés compris. Une précision: la TVA n'était pas déductible pour la banque.
Il est vrai que lorsque l'on traite des milliards payés par les contribuables Français, le café n'est qu'un détail, avec ou sans cognac d'ailleurs.
Nous avons également appris que l'ex-dieu de la finance, le PDG de la société générale Daniel Bouton venait d'empocher 1,3 millions de plues-values sur ses stocks-options.

Ouf, je respire. Je reconnais bien le monde dans lequel je vis. J'ai eu l'impression l'espace d'un instant, d'avoir un abîme entre ma compréhension de la Finance et un événement surhumain dans ce milieu, fait de charité et de désintéressement. Mes repères sont donc toujours viables, Je peux déjeuner en paix ce dimanche matin.

Une mode a consisté, durant plusieurs années, à justifier les salaires mirobolants des patrons par les profits exceptionnels que leurs entreprises réalisaient. Cet argument maintenant caduque est passé de mode, et le Medef soigne sa coiffe avec une tentative aussi alambiquée  qu'incompréhensible de limiter les salaires de ses membres. Allez voir la vidéo, toute en tailleur rose-bonbon et costume cravate, elle se nomme code de gouvernance. Dans ce morceaux choisi, l'élocution et le propos de Laurence Parisot sont assez fastidieux car le sujet ne fait visiblement plaisir à personne, d'où les circonvolutions perplexes de la patronne des patrons qui nous laisse de marbre. Un mauvais film donc, par contre l'encart qui jouxte la vidéo est assez sympa et révélateur.
Une bonne partie d'entre-vous ne seront pas allés voir la vidéo, il est donc bien normal que je vous livre ce communiqué laconique, tout en généralités, omissions et sous-entendus:

En d'autres termes, vous voyez bien que nous faisons des séminaires pour abaisser nos salaires, il est donc bien normal que vous vous serriez la ceinture. La clarté n'est pas toujours un défaut, sauf lorsque la communication entre en résonance avec manipulation.

J'allais oublier, last but not least, vendredi c'était la journée mondiale contre la peine de mort, alors si c'était un oubli de votre part, allez faire un tour chez RSF, eux ils ont beaucoup à dire et c'est très clair.