Suite à mon article de Mercredi concernant la liberté de la presse qui est sérieusement bafouée depuis le début de l'année au Cameroun, Bourguignon m'a fait connaître un excellent reportage sur la Guerre d'indépendance du Cameroun qui n'a jamais eu droit de cité en France. Et pour cause, nous avons le rôle du salaud.

Je viens de découvrir une partie de l'histoire commune de la France et du Cameroun, au travers de ce court-métrage de G. Le Roy et V. Osouf.

Le Cameroun est aujourd'hui un pays sans son Histoire, celle qui est décrite dans ce reportage et qui n'est enseignée nulle part. Un pays sans Histoire, c'est un peu comme un adolescent qui a des problèmes et qui n'arrive pas à les découvrir. La France s'est comportée odieusement lors de la colonisation, il y'a pas à y revenir. Mais comment voulez-vous qu'un pays qui a tellement été martyrisé ne soit réellement indépendant et autonome aujourd'hui seulement quelques dizaines d'années après ces événements.

Il y aurait dû avoir une psychanalyse intensive du pays sur son histoire à chaud, pour parler des tromas, des assassinats et de la torture perpétrées par le colonisateur Français. Cette étape difficile n'a pas eu lieu, et d'ailleurs la France n'avait pas spécialement besoin de reconnaitre ses atrocités. Un pays privé de son Histoire ne peut certainement pas être un pays sans histoires. Ces tromas passés ont engendrés cette dictature-présidentielle molle d'aujourd'hui, une dictature qui ne dit pas son nom, une démocratie qui ne le dit pas non plus.

Le pouvoir fait donc toujours ami-ami avec le colonisateur dans un jeu pervers d'amour-répulsion, et navigue à vue dans un pays riche qui s'appauvrit et se paupérise davantage depuis le début des années 2000. Un ami belge y est resté dix ans, et il a vu la qualité de vie se dégrader à une allure soutenue. Ce que nous avons appelé pudiquement les émeutes de la faim se sont bien passées là bas en ce début d'année. Elles auraient été impensables auparavant, car le pays possède toutes les ressources naturelles dont il a besoin, pétrole y compris.

Je vous laisse visionner le court-métrage d'une très grande qualité :
  

                     

                           
                     

Cameroun, autopsie d'une indépendance (G. Le Roy et V. Osouf)