C'est sans aucun doute un des reflets les plus révélateur de notre société. La mairie de Morlaix vient d'infliger une double peine à ses concitoyens SDF. Elle vient dans un premier temps de faire dresser des grilles de protections...autour d'un arbre afin que des morlaisiens ne puissent s'y réunir.
Il y'a sans doute eu un appel d'offre pour cela mais le coût de la construction n'a pas été révélé.
La mairie reproche à ses habitants sans-abris (entre 15 et 30 personnes) de nuire à la tranquilité des riverains. Le maire de Morlaix Agnes Le Brun, divers droite, rajoute une deuxième sentence, définitive celle-là: « Penser qu'il est normal qu'une population s'alcoolise du matin au soir en jouant aux boules, sans aucun objectif pour l'avenir, ça m'indispose profondément »
Le généticien Albert Jacquart (présent sur la photographie) a déclaré à l'issue d'un séminaire: « À 83 ans, je n'avais encore jamais vu cela. C'est inimaginable. »
Alors, je m'adresse à vous, maintenant Agnès Le brun: penser qu'une population d'élus soit si éloignée des réalités sociales et psychiatriques de notre pays: cela m'indispose énormément. Il s'agit là, en effet, de notre humanité commune que vous le vouliez...ou non. Je me demande d'ailleurs si des personnes comme vous méritent le mandat pour lequel ils ont été élus!
Vraisemblablement non, puisque vous venez de tirer un étonnement profond d'une personne agée (qui a réussie sa vie). Alors refaites vos humanités Agnès et revenez-nous d'ici à quelques années avec des idées conformes à ce que nous sommes.


Commentaires
grillager un arbre public pour en empêcher l'accès aux "indésirables"... on aura tout vu. Ca rappelle le coup du produit odoriférant anti-SDF (Argenteuil), celui des ultrasons anti-jeunes ou encore le faux hall de cité qui avait été installé (je ne sais plus ou en France) pour les djeuns pour qu'ils puissent casser à leur aise de fausses boites aux lettres... Triste
alf@alf : c'est la France de demain qui est déjà là.
ChristopheSi ces gents qui font leurs besoins et autres exhibitions malsaines dans la rue sont si gentils, il faut les inviter chez vous mais arreter de donner des lecons aux gens respectueux de la loi et qui aspirent à elever leur enfants correctement.
jojo@jojo : Pourquoi avez-vous une grille de jugement si binaire. SDF = voyous. Ils ont avant tout des problèmes d'ordre psychiatrique, comme beaucoup de monde dans la société. Vous souhaitez les culpabiliser encore davantage avec de tels propos. C'est votre droit, comme vous y pousse le gouvernement actuel. Mais finalement êtes-vous aussi normal que vous le prétendez avec de tels propos ? j'en doute.
Pourquoi pensez vous que je donne des leçons "aux gens respectueux et de la loi et qui aspirent à élever leurs enfants correctement", pensez vous que je ne respecte pas la loi, pensez vous que j'élève incorrectement mes enfants? Quelle est la raison de telles suppositions ?
ChristopheLa situation est la suivante. Deux endroits du centre ville sont clôturés et retirés des espace publics. Il ne s'agit pas de n'importe quels endroits. Il s'agit de deux endroits fréquentés par "des marginaux". L'objet de ces dispositifs, n'est évidemment pas de sécuriser de lieux accidentogènes comme avancé dans un premier temps, mais bien de se débarrasser d'une population identifiée comme indésirable et des nuisances réelles ou fantasmées qu'elles produisent. La municipalité, a produit une image édifiante : cet arbre enserré dans cette clôture. Le grillage couvre 15m2 autours de l'arbre et empêche simplement de s'y abriter. Que nous dit cette image? Au delà de l'absurdité évidente de l'installation qui n'est bien sûre d'aucune efficacité en ce qui concerne l'ordre et la sécurité publique, nous avons affaire à un dispositif qui fonctionne à merveille en tant qu'humiliation publique, en tant que signe, dont le sens est : toi là! avec ton chien et ta 8.6, casse toi tu pues...
Qu'on s'entende bien, je récuse le fait de me dissocier de cette population, ce ils, ce eux ne fait pas sens pour moi. Si il y a une frontière à tracer entre le ils et le nous, elle se fait de mon point de vue entre les gens qui existent dans l'espace publique et ceux qui veulent le vider d'un certain nombre de ses usagers. Les conflits d'usages sont inévitables en ville, comme le bruit et le caca. J'invite ceux qui ne tolère plus le bruit et l'odeur à s'installer dans les nombreux quartiers résidentiels périphériques. Le seul eux que je vois révélé dans cet affaire est un eux paranoïaque et hygiéniste (pour ne pas dire fascisant ) qui, à persécuter son ennemi imaginaire fini toujours par me marcher sur les pieds. Qu'on les appel SDF, marginaux, démuni ou que sais je encore, ces qualificatifs n'ont pas d'autre sens que la stigmatisation et le contrôle social qu'ils visent. Et que je subis. Cette catégorie n'existe qu'en creux, eu égard au divers harcellements (pour ne pas dire la persécution) qu'elle subie. On frémit en pensant au sens que revêt la "prise en charge de ces populations" dans la bouche d'Agnes Lebrun.
Je n'ai que faire le "l'indisposition profonde" de notre édile face à une population "qui s'alcoolise du matin au soir en jouant à pétanque". Je suis par contre profondément indisposé par les propos de cette dame. Qu'entend-t-elle quand elle parle de "l'obligation démocratique de les réinsérer dans la communauté"? De quoi parle-t-elle quand elle exhorte les marginaux à se "mélanger avec les autres"? De quelle communauté parle-elle? Qu'entend-t-elle par réinsertion? Avec qui madame Lebrun se mélange-t-elle? Elle accuse une partie de la population de privatiser des espace publics. Le banc est occupé je ne peux m'y assoir qu'a cela ne tienne je le ferai enlevé, ce dont je n'ai pas l'usage sera supprimé. "On ne peut pas considérer que le problème social est réglé dès lors qu'il est à l'abri des regards". Cette femme dit n'importe quoi et les arguments qu'elle sert du haut de sa légitimité démocratique peuvent tout aussi bien servir à argumenter contre sa propre politique. Comme la maîtresse revêche, madame le maire pratique la punition collective. Quelques gamins chahutent c'est toute la classe qui est punie, certains continue malgré les avertissements, c'est tout le monde qui sera privé de récré. Infantilisante, méprisante, arogante, ignorante de la realité sociologique de la ville voilà ce qui qualifie la politique sociale de madame Lebrun qui de plus a l'audace de jouer la carte de la compassion.
La pose des clôture a été décidée par un collectif de commerçants d'élus et de riverains dit "Paris-Brest". Dans l'esprit étriqué de ces gens le centre ville ne se figure que comme une galerie marchande à ciel ouvert. C'est d'ailleurs la vision des conservateurs du monde entier, politique globale visant à réduire l'espace public à un flux régulé de marchandises et clients dans un environnement, calme, propre et sécurisé. On interdit la consommation d'alcool dans les rues mais on autorise l'expansion des terrasses des cafés. La ségrégation s'opère par le fric et incidemment par le degré de soumission à l'ordre ou d'autonomie qu'il faut pour s'en procurer. Ce qui se joue est très grave et manifeste une vision carcérale de l'action sociale et une vision purement marchande de l'espace public. Tout ceci éclaire le sort réservé aux improductifs : personnes âgées, chômeurs, malades, handicapés... enfermés dans des institutions, projeté dans l'illégalisme, enserré dans les dispositifs...
Ce fait, si il est d'une rare éloquence est d'une triste banalité, comme partout la clique de la droite décomplexée frappe sans discernement pour disperser les umportuns, ici, les teufers à botmeur, les pédés au douron, les "marginaux" au centre ville, ailleurs, la demeure du chaos qu'on veut fermer, le comité invisible que l'on traque, les squatts que l'on vide, les prisons et les camps de clandestins que l'on rempli. Le bon bourgeois, le riverain acariâtre, le bon UMPiste a toujours raison. Ces gens ont tous les pouvoirs : économiques, législatifs, exécutifs, judiciaires, policiers, médiatiques... ils ne s'arrêteront que lorsque leur projet totalitaire sera aboutit ou bien lorsqu'il trouveront face à eux une résistance suffisamment ferme et conséquente. A ceux qui se plaigne de n'avoir aucune prise sur l'évolution nauséeuse de la société, il est donné ici une occasion de manifester son refus. Ces grilles tomberont.
entre guillemet les citations d'Agnes lebrun dans la presse relevé sur le net.
martinC'est pas tout perdu pour la Maire de Morlaix : elle vient de remporter le prix international Ubu 2009.
Mariannighttp://www.guydarol.fr/archive/2009...
Est-ce que cette campagne originale de lutte contre l'alcoolisme visera d'autres parties de la population ?
Il faudrait par exemple que la municipalité s'attelle à l'alcoolisme chez les agriculteurs (j'en connais qui ont une bonne descente), chez les commerçants (pas les derniers, hein !), chez les joueurs de pétanque avec domicile fixe (il y a en qui sont bourrés du matin au soir, je peux donner des noms), chez les garagistes (pareil).
J'espère que cette saine croisade va prendre de l'ampleur et que les mesures prises par la ville seront aussi efficaces que pour les "marginaux" et "sdf" visés par cette première action.
Des cadenas sur les frigos ?
Une carte professionnelle demandée aux clients des troquets ?
Des caméras de vidéosurveillance dans les garages ?
A la bonne vôtre, Madame le Maire !
Mariannig